Le Pistolet et La Pioche S02E01 : Pourquoi Twitter nous rend malades

Le microblogging est une activité chronophage dans laquelle des millions de personnes ont plongé corps et âme. Pas une journée sans lire les tweets, commenter, répondre, donner son opinion, réfuter celle des autres, retweeter la […]

Notre-Dame des Landes : mobilisation générale de la réserve de la gendarmerie

Selon nos informations, une décision de mobilisation générale prévisionnelle de la réserve de la gendarmerie a été décidée (excepté pour la Corse) à compter du 20 janvier et pour un mois. Des milliers de gendarmes […]

Associations, syndicats et partis politiques s'engagent pour l'avenir de la Zad

Pour la première fois, des organisations non gouvernementales, des associations et des syndicats qui œuvrent pour la défense de l'environnement s'associent avec des partis politiques et s'engagent publiquement pour un maintien de la « zone à défendre » (Zad) en cas d'abandon du projet d'aéroport Notre-Dame-des-Landes. D'autre part, un grand rassemblement est prévu le 10 février sur la Zad. Voici l'appel, ainsi que la vidéo « Je n'étais jamais venue sur la Zad ».
Photo : © ValK
Depuis presque cinquante (...)

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Maraîchage, boulangeries, entraide : les vrais visages de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Le gouvernement s'apprête à rendre une décision définitive sur le devenir du projet d'aéroport, tout en brandissant la menace d'une expulsion « quoi qu'il arrive » des occupants de la « Zone à défendre ». Sur place les activités quotidiennes se poursuivent, bien loin des fantasmes médiatiques alimentés par l'appareil sécuritaire. Une guérilla armée en plein bocage ? On y trouve bien plus d'installations agricoles, de boulangeries, d'auberges autogérées que de caches d'armes... ainsi qu'une gestion collective des (...)

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« #Meetoo et #balancetonporc s'apparentent à des techniques de sabotage féministe »

Qu'est-ce que l'autodéfense politique ? Dans quelles situations une action violente peut est-elle être considérée comme légitime pour se défendre face à une oppression ? Ce sont les questionnements ouverts par le travail d'Elsa Dorlin, professeure de philosophie à l'université Paris 8, dans son récent ouvrage Se défendre, une philosophie de la violence. De la lutte contre les pogroms aux actuelles luttes féministes, en passant par le mouvement des droits civiques, l'« autodéfense politique » des groupes (...)

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De Haas-Lahaie : quand l’esprit Twitter rencontre la complexité

#BalanceTonPorc continue de faire l’actualité. De plus en plus violemment depuis que la tribune des 100 femmes du Monde a été publiée. Polémique. Scandale. Femmes contre femmes. Femmes Twittos contre « femmes du vieux monde » (selon […]

Prochaine parution aux Editions Utopia : « Au nom du réalisme »

Usage(s) politique(s) d’un mot d’ordre
Par Stéphane Bikialo et Julien Rault
En librairie à partir du 25 janvier 2018
Que dit-on exactement au nom du réalisme ? Quels sont
les usages politiques de ce mot ? À qui et à quoi sert-il ?

http://www.editions-utopia.org

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Face aux aspirations pour plus de justice sociale, le pouvoir tunisien tenté par une restauration autoritaire

La Tunisie vient de fêter l'anniversaire de sa « révolution de jasmin », qui a vu le départ du dictateur Ben Ali il y a sept ans, par une semaine de manifestations marquées par la répression et des centaines d'arrestations. A l'opposition aux mesures d'austérité qui s'accumulent, et aux revendications de justice sociale de la révolution qui n'ont jamais été satisfaites, s'ajoute un nouveau péril : celui d'une tentative de restauration d'un pouvoir autoritaire par le gouvernement actuel, qui n'a toujours pas (...)

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M. Allègre : les expérimentations de revenu de base sont un chemin possible vers l’instauration

Réponse du Mouvement français pour un revenu de base à la tribune de Guillaume Allègre parue le 10 janvier 2018, Revenu universel : l’impossible expérimentation.

Le MFRB, qui œuvre depuis 2013 à l’instauration en France d’un revenu de base conforme à sa charte, répond à la tribune de Guillaume Allègre, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Celui-ci pointe l’impossibilité et l’ineffectivité de mener une expérimentation. Rappelant l’intérêt que peut représenter la mise en place d’expérimentations ciblées, nous proposons d’expérimenter un revenu de base au sein d’une communauté politique (une ville par exemple) pour en analyser les effets sociaux. Nous tenons également à souligner l’intérêt d’initiatives comme celle de l’association Mon Revenu de Base qui permettent de nourrir le débat public sur un sujet aux enjeux multiples. Enfin, nous tenons à proposer à M. Allègre et à toutes les personnes doutant de l’intérêt de lancer des expérimentations, de travailler avec nous à une solution politique de mise en place d’un revenu de base réellement universel, inconditionnel et individuel en France.  

Le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) et ses membres réfléchissent et œuvrent pour l’instauration d’un revenu de base universel depuis 2013. Nous avons organisé plusieurs événements, publié de nombreux articles, mené des réflexions approfondies sur le sujet. Celles-ci ont été nourries au fil des mois par des rencontres entre militants, chercheurs, hommes et femmes politiques et organisations de la société civile intéressés par le sujet. Ce travail a été effectué dans l’optique de faire avancer une idée qui nous semble non seulement juste, mais capable de répondre à certaines problématiques sociales, économiques et politiques actuelles. Ces travaux ont mené notamment à la publication de trois ouvrages sur le sujet. Le dernier, publié en 2017 aux Editions du Détour, représente notre vision de ce qu’un revenu de base pourrait permettre de construire : Vers une société du choix.

Cette réflexion et l’étude des résultats d’expérimentations passées nous ont permis d’acquérir des savoirs et de développer un recul critique sur les biais inhérents à tout projet d’expérimentation d’une mesure aussi complexe. La limitation dans le temps, les sélections de bénéficiaires aléatoires ou parfois reposant sur le volontariat, et la non-inclusion des « contributeurs nets » (ceux qui verraient leur revenus diminuer à cause de l’imposition que supposerait un revenu de base) en font partie. De même que l’impossibilité de prévoir ce qu’il se produira aux niveaux macrosocial ou macroéconomique en cas de mise en place d’un revenu de base à l’échelle d’un État. Ayant conscience de ces limites, le MFRB apporte néanmoins son soutien aux initiatives expérimentales de revenu de base.

Une expérimentation, pour toutes les raisons pré-citées et pour d’autres encore, ne peut être parfaite. Avoir conscience de ces limites peut cependant permettre de les prendre en compte dans la mise en place et d’en tirer de riches enseignements. Ces derniers pourraient ainsi s’avérer essentiels dans le choix d’instaurer ou non un revenu de base universel pour tous les Français.

 

Les expérimentations ciblées

Une expérimentation sur un public ciblé, avec un choix effectué par tirage au sort, permettrait grâce à un groupe de contrôle de mettre en évidence l’impact de la mesure. Nous pourrions évaluer les possibles modifications de comportements vis-à-vis de l’emploi, des loisirs, de la famille, des aides sociales, de la consommation, ou plus simplement à la précarité et aux risques d’exclusion sociale.

Si le revenu de base est pensé comme un formidable outil d’émancipation et de choix pour tous les individus, il permet aussi d’améliorer la situation économique et sociale des personnes touchées par la pauvreté.

Certes, les expérimentations ciblées sur une catégorie de population semblent limitées pour une étude d’impact pertinente. Le choix des critères est de ce fait très important et permet de tirer plusieurs enseignements au niveau de l’expérimentation, mais aussi d’offrir de nouvelles perspectives à bon nombre d’individus. Par exemple, une expérimentation de revenu de base pour les agriculteurs, comme le MFRB le propose, pourrait ouvrir de nouvelles pistes de réflexion afin de répondre à plusieurs enjeux auxquels fait face le secteur agricole : lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale des travailleurs, aide à la transition vers des modèles de production plus durables et à l’installation de jeunes, etc. Il est à noter que la Confédération Paysanne défend actuellement la mise en place d’un « revenu paysan ».

Table-ronde expérimentations à l'université d'été 2017
Table-ronde sur les expérimentations à l’université d’été 2017 dans le Gers

 

Expérimenter à un niveau communautaire

Des expériences ciblées sont déjà en cours, notamment en Finlande avec un nombre de bénéficiaires limité à 2000 chômeurs tirés au sort sur l’ensemble du territoire finlandais. La France pourrait être réellement innovante et à la pointe de la recherche sur le sujet du revenu de base. Elle pourrait voir plus grand et tester un revenu de base universel, inconditionnel et individuel sur un « site de saturation ».

L’expérimentation la plus proche d’un véritable revenu de base, serait celle testée dans ce que la chercheuse Evelyn Forget appelle un « site de saturation » (saturation site). La saturation signifiant que toutes les personnes de la ville éligibles bénéficient du dispositif.  Imaginons une communauté politique, soit par exemple une ville ou une communauté de communes de plusieurs milliers d’habitants (disons entre 5 000 et 20 000). Elle distribuerait à toute sa population, sans distinction un revenu de base universel sur une période relativement longue, entre trois et dix ans. Cette méthode permettrait de mieux évaluer les changements de comportements dans les diverses catégories de populations représentées.

Mais plus qu’une évaluation purement économique, cette expérimentation aurait l’avantage de mieux saisir le rôle du « multiplicateur social » que peut entraîner l’instauration d’un revenu de base. Cet effet a déjà été mis en exergue dans les travaux d’Evelyn Forget consacrés à l’expérimentation dénommée MINCOME, qui s’est tenue de 1974 à 1979 dans la ville de Dauphin au Canada (12 000 habitants). Ce « multiplicateur-social « permet à la chercheuse de conclure que l’effet positif d’un revenu de base dépasse les seules personnes qui le perçoivent, mais touche toutes les personnes de la communauté qui jouissent de la prospérité commune, du mieux-être, de la baisse des hospitalisations, de la fin de la culpabilité de recevoir des aides sociales.

Ainsi, comme le dit Guy Standing à propos de l’expérimentation du Madhya Pradesh en Inde, « le tout est plus grand que la somme des parties ».

Ce type d’expérimentation permettrait de saisir les implications sociales que produirait l’instauration d’un revenu de base à l’échelle communautaire.

Nous ne pouvons qu’encourager les personnes s’intéressant au revenu de base d’entreprendre une expérimentation comme celle-ci, ce qui ferait de la France, un pays qui a souvent été précurseur en termes d’avancées sociales.

 

Créer le cadre du débat

Les expérimentations, en plus des informations qu’elles peuvent nous donner, ont également un intérêt très important pour la démocratie dans laquelle nous vivons. Elles permettent de nourrir le débat public sur une mesure qui changerait beaucoup de choses dans le quotidien du pays qui la mettrait en application. Ces discussions et confrontations d’opinions sont très importantes dans le processus démocratique, car elles permettent aux citoyens et aux décideurs de se forger une opinion sur un sujet. Celles-ci ne peuvent que s’enrichir de données (si imparfaites soient-elles) récoltées dans le cadre d’une expérimentation.

L’enjeu peut être également, grâce aux résultats d’une expérimentation, de faire percevoir l’impôt qui financerait un revenu de base comme un investissement qui profiterait à l’ensemble de la communauté plutôt que comme une charge reposant sur les plus privilégiés. Une initiative citoyenne comme Mon Revenu de Base permet de créer les conditions de ce débat et, ainsi, de mettre à l’agenda politique et médiatique une mesure qui aurait peut-être été oubliée par nos dirigeants, après le bref éclat en 2017.

Si les expérimentations sont inutiles… mettons en place un revenu de base inconditionnel, universel et individuel.

Monsieur Allègre, si une expérimentation de revenu de base, quelle que soit sa forme, ne sera jamais satisfaisante… Alors pourquoi ne pas faire un choix politique fort et élaborer un plan de mise en place progressive d’un revenu de base pour tous les Français ? Celui-ci pourrait commencer par une automatisation et une individualisation du RSA, son élargissement aux 18-25 ans, ou encore par le versement d’un revenu garanti à tous les agriculteurs, ou autres groupes choisis. Cela jusqu’à ce qu’en cinq, dix ou quinze ans, toutes les personnes éligibles touchent de leur naissance à leur mort ce revenu. Nous pourrons alors certainement évaluer la multitude d’effets sur la société que produirait un revenu de base. Mais mieux encore, nous pourrions envisager un véritable chantier pour mettre en place dès à présent un revenu distribué à l’ensemble de la population française, sans condition et sans exigence de contrepartie.

Faisons le pari ambitieux qu’un revenu de base peut permettre d’apporter une réponse aux problématiques de pauvreté, d’évolution de l’emploi et de recherche de liberté réelle pour tous les individus.

Le Mouvement français pour un revenu de base se tient à la disposition de toutes les personnes intéressées par un tel projet, que cela passe par une expérimentation ou que nous décidions d’établir dès aujourd’hui un plan de mise en place progressive ou directe de revenu de base. Nous sommes fermement convaincus des multiples bienfaits que celui-ci pourrait apporter. Nous sommes prêts à faire des propositions pour concrétiser ce projet, et nous poursuivrons notre travail de sensibilisation, de recherche et de plaidoyer  jusqu’à la mise en place d’un revenu de base inconditionnel versé à tous les citoyens.

Un article de Clément Cayol, pour le Mouvement français pour un revenu de base

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Liberté, égalité, neutralité : pour que perdure la devise du Net

La neutralité du net fait partie des sujets qui seront débatus les 30 et 31 janvier lors des API days, en présence de Sébastien Soriano, président de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP).  Taoufik Vallipuram, connector Ouishare et Medhi Medjaoui, fondateur des API days décryptent les enjeux de cette bataille et en expliquent le sens très politique.


Il y a 10 ans, à l’occasion du Grenelle de l’Environnement, le gouvernement français annonçait la mise en place de l’écotaxe, afin que les poids lourds, considérés comme les responsables de la détérioration rapide des routes nationales et départementales, contribuent à leur entretien. C’est exactement pour les mêmes raisons, qu’aujourd’hui, les principaux fournisseurs d’accès à Internet réclament la fin de la neutralité du Net, pour que les principaux pollueurs paient. Et l’acte I de cette partie s’est joué aux Etats-Unis, il y a un mois, lorsque la commission fédérale des communications (FCC) a déclaré la fin de la neutralité du net.

La neutralité du net : qui doit payer ?

La neutralité du net est un principe de gouvernance du réseau Internet (câbles et ordinateurs reliés entre eux) qui promeut un principe d’égalité sur le réseau. Sans aucune discrimination possible, toutes les données sont autorisées et traitées de la même manière. Cela se traduit en 3 points :

  • On ne peut pas donner la priorité à certaines données par rapport à d’autres. Impossible, au nom de la liberté d’expression, de censurer ou déformer la réalité représentée par Internet.
  • On ne peut pas sciemment ralentir des sites web ou des applications pour en favoriser d’autres.
  • Pour une même qualité de réseau, les utilisateurs paient le même prix.

Depuis 25 ans, le principe de la Neutralité du Net a garanti un accès libre et identique à des milliards d’internautes, quelle que soit leur utilisation, quels que soient les services proposés ou consommés, quel que soit leur pays (enfin presque, puisqu’il n’en va pas de même en Chine par exemple). Lors des dix dernières années, des startups, devenues aujourd’hui des poids lourds du web (Youtube, Netflix, Facebook, et autres Spotify), en ont profité pour déployer des services bénéficiant de l’amélioration constante des infrastructures. Alors que leurs bénéfices s’envolent (jusque dans les paradis fiscaux), les profits des fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs de télécommunications ne cessent de chuter, que ce soit à cause des énormes sommes nécessaires à l’entretien et l’amélioration du réseau ou de la guerre des prix et de la concurrence. La situation devient même intenable pour une entreprise surendettée telle qu’Altice, qui aurait intérêt à donner la priorité sur ses réseaux câblés (Numéricable en France, Cablevision aux Etats-Unis) et mobiles (SFR en France) aux contenus produits par ses médias propriétaires, incluant aussi bien des chaines de télévision telles que BFM et SFR Sport, ou celles avec lesquels elle a passé des accords (Disney, NBCUniversal). Elle vient d’ailleurs d’annoncer la séparation de ses activités en Europe et aux Etats-Unis.

Le coût du capital est donc l’argument des opérateurs qui militent pour assouplir la Neutralité du net. D’autant plus que pour financer les infrastructures du réseau, les autorités publiques ont choisi de libéraliser les marchés détenus historiquement par des opérateurs étatiques, avec deux politiques de régulation très différentes de part et d’autre de l’Atlantique.

En Europe, les lois successives ont obligé les opérateurs historiques à séparer les activités de réseau et d’exploitation du réseau (dans l’énergie, les transports, et donc les télécommunications). Les opérateurs, bien que concurrents, collaborent, utilisent les réseaux des uns et des autres pour acheminer les appels de leurs clients, et louent même à des opérateurs virtuels la capacité qu’ils n’utilisent pas. Baisse des prix, baisse des marges, et hausse des licenciements, sont désormais le quotidien des opérateurs européens.

Aux États-Unis, la régulation a abouti à une situation très différente, puisque la concurrence a incité les opérateurs à construire plusieurs réseaux parallèles, souvent exclusifs et donc coûteux à entretenir. Malgré des revenus par client 3 à 4 fois supérieur qu’en Europe, ils sont aujourd’hui surendettés, et on assiste à des tentatives de concentration entre opérateurs et producteurs de contenus.

Aux États-Unis, la régulation a abouti à une situation très différente, puisque la concurrence a incité les opérateurs à construire plusieurs réseaux parallèles, souvent exclusifs et donc coûteux à entretenir.

En abrogeant la Neutralité du Net, les autorités américaines ont donc choisi d’offrir une troisième voie aux opérateurs : la possibilité de faire payer plus aux fournisseurs d’accès à Internet en fonction de la donnée qui passe par le réseau. Suivant la logique du pollueur-payeur, on comprend donc que les opérateurs de télécommunication et fournisseurs d’accès à Internet demandent à ce que les gros consommateurs du réseau contribuent à hauteur de leur consommation.

Neutralité, liberté d’entreprendre et capitalisme : la vraie question démocratique

La neutralité du Net ne garantie pas à elle seule une véritable méritocracie numérique*, mais elle reste une condition nécessaire pour faire de la promesse d’un entrepreneuriat numérique pour tous, une réalité. La question de la neutralité du net et des réseaux en général cache des questions plus profondes et complexes que le simple coût du capital : l’égal accès à la connaissance, l’interconnexion entre infrastructures, services et citoyens, et donc, la réelle possibilité d’entreprendre. Pour ce faire, l’accès à Internet doit devenir une commodité. Et c’est plus facile de s’en assurer lorsque le réseau est un commun que lorsque les couches de réseaux parallèles et concurrents se multiplient. Pourquoi ?

D’abord, à partir du moment où les fournisseurs d’accès mutualisent leurs efforts en contribuant à un réseau global, complet et distribué également sur le territoire. C’est exactement l’idée du Plan France Très Haut Débit qui vise à couvrir l’intégralité du territoire avec du Très Haut Débit. L’État et les opérateurs privés sont incités à investir conjointement dans des infrastructures que nous pourrions qualifier d’intérêt général.

Lorsque le réseau est un commun, il coûte in fine moins cher et bénéficie à toutes ses parties prenantes, des investisseurs aux utilisateurs. C’est grâce à cela qu’Internet et le web ont été si prolifiques en innovations, permettant à des millions d’entrepreneurs à travers le monde de monter leurs projets. La neutralité du net, appuyée par une démocratisation des technologies du numérique, et d’un véritable travail d’accompagnement et de pédagogie de toutes les populations, est garante de la biodiversité de l’écosystème entrepreneurial. D’ailleurs, une étude menée par Stripe en 2016 montre que le coût moyen pour lancer sa startup a été divisé par 1000 depuis l’an 2000, passant de 3,3 millions d’euros à 3 200 euros. Avec la révolution du cloud mais sans neutralité, au fur et à mesure de la croissance des sites web et des applications, il aurait fallu négocier avec chaque opérateur et payer une surtaxe de charge, pour le trafic généré. A ce jeu-là, on comprend bien que l’on aurait un internet et un écosystème du numérique encore plus élitiste qu’aujourd’hui.

La neutralité du net, appuyée par une démocratisation des technologies du numérique, et d’un véritable travail d’accompagnement et de pédagogie de toutes les populations, est garante de la biodiversité de l’écosystème entrepreneurial.

Certains défendent la neutralité du net au nom du droit à la concurrence. Or, on l’a bien vu, c’est la concurrence qui a conduit, grâce à un contexte politique favorable, à l’abrogation de la neutralité du net. Ou pour reprendre la comparaison, à la dégradation accélérée du réseau ferroviaire en Grande-Bretagne. Il faut donc aller plus loin.

Dans la lignée des réflexions autour des communs, il nous semble que la solution doit passer par un nouveau contrat social sur la propriété des réseaux, où l’on passerait d’une propriété privée à une propriété mutualisée, seule garantie qu’Internet puisse bénéficier à toutes et tous.

Dans la lignée des réflexions autour des communs, il nous semble que la solution doit passer par un nouveau contrat social sur la propriété des réseaux, où l’on passerait d’une propriété privée à une propriété mutualisée, seule garantie qu’Internet puisse bénéficier à toutes et tous.

 

 * Nous savons que le milieu de l’entreprenariat numérique, très endogame, laisse peu de place à des entrepreneur.se.s issu.e.s de milieux non privilégiés. Lire l’article de Slate à ce sujet : Start-ups: comment la bourgeoisie française a rattrapé la transition numérique

Crédits photo de couverture : Denys Nevozhai Follow

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