L’étau des systèmes invisibles

La démocratie telle que nous la concevons aujourd’hui, telle qu’elle est expliquée dans les émissions politiques, par les journalistes, par les politiciens, par toute une ribambelle de personnalité médiatique, est une sorte de mantra sur laquelle tout le monde semble d’accord au point où remettre en question ce dogme serait comme remettre en question la rotondité de la Terre. Pourtant, […]

Loi de financement de la sécu : les députés médecins votent-ils sous l'influence des labos ?

Chaque année, l'examen de la loi de financement de la sécurité sociale est un rendez-vous obligé pour les lobbyistes des laboratoires pharmaceutiques. Logique : leurs taux de profits futurs dépendront des niveaux de dépenses et de remboursements des médicaments fixés par la loi. Les députés médecins qui siègent en nombre à la Commission des Affaires sociales sont donc particulièrement sollicités. Une enquête publiée dans le cadre de notre dossier sur les mégaprofits et le lobbying de l'industrie (...)

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Un nouveau projet d'usine d'eau minérale en bouteilles plastique suscite l'incompréhension

Alors que les ressources en eau sont sous tension, et que la pollution plastique a tous les aspects d'un désastre planétaire, est-il encore raisonnable de mettre de l'eau minérale en bouteilles ? A Divonne-les-Bains, ville française collée à la frontière suisse, la question est tranchée : une usine doit voir le jour, et produire 400 millions de bouteilles par an. Les élus espèrent ainsi voir rayonner l'image de la ville. Mais alors que le pays de Gex manque déjà d'eau, et que les conséquences (...)

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A la recherche des RIP FTTH : accéder aux documents administratifs, c'est plus long que prévu

On aimerait publier tout de suite des résultats de la consultation des contrats de DSP auxquels on a réussi à avoir accès. Mais ce serait sauter des épisodes.

Au vu des résultats, pour le moins mitigés, de nos demandes précédentes auprès des délégataires, on a décidé de toquer à la porte de la CADA (la Commission d'Accès aux Documents Administratifs). Son rôle est de veiller à ce que les documents administratifs et les archives publiques soient bien accessibles à tout citoyen qui en fait la demande. L'Etat ayant le devoir de rendre des comptes à ses administrés, il a aussi le devoir de mettre à disposition tous les documents publics. La Cada y veille et peut être saisie au cas où l'administration publique manquerait à ses devoirs.

C'est clairement ce qu'il s'est passé là : pour rappel, nous n'avions obtenu, après l'envoi de dix-neuf demandes aux délégataires, que deux contrats, tous les deux incomplets, ainsi que cinq réponses négatives.

Depuis le dernier billet, le délégataire pour la Bretagne nous a répondu, joignant un contrat, ce qui fait monter le butin à trois contrats.

Nous avons donc décidé de demander son avis à la CADA pour les contrats manquants. Petite revue des résultats à ce jour.

La CADA a répondu positivement à neuf de nos demandes. Suite à quoi cinq délégataires nous ont transmis les documents. En particulier, l'avis positif de la CADA a motivé Losange à nous renvoyer un contrat plus complet (mais toujours en partie caviardé) ! C'est un progrès. Nous voilà donc en possession de sept contrats.

Pour la Manche et la Seine et Marne, le délégataire n'est pas encore revenu vers nous, malgré l'avis de la CADA en notre faveur.

Le cas de l'Eure-et-Loir est particulier et intéressant : c'est le seul où la CADA nous donne tort en répondant que la demande est sans objet. En effet, notre demande portait, précisément, sur un contrat daté de mai 2014, passé entre Eure-et-Loir THD et le syndicat mixte ouvert Eure-et-Loir Numérique, sans aucune ambiguité sur la nature du contrat que nous demandions. Cela n'a pas empêché le délégataire de répondre à la CADA, avec une mauvaise foi particulièrement flagrante, que ce contrat n'existait pas : la société Eure et Loir THD a été créée le 30 juin 2014 et n'a donc pas pu signer de contrat en mai 2014. Ce qui s'est passé, c'est que le contrat a été signé avec la maison mère SFR Collectivités, avec une clause prévoyant la création d'une filiale ad-hoc (Eure et Loir THD, créée en juin 2014) et le transfert du contrat à cette dernière.

Nous attendons encore la réponse de la CADA pour trois de nos demandes (pour l'Ardèche-Drôme1, la Loire et la Sarthe).

Résultat : après un an, une vingtaine de demandes en bonne et due forme aux délégataires et une grosse dizaine de demandes à la CADA, nous voilà en possession de...sept contrats. Au lieu d'une procédure simple où l'on a accès sans problème à des documents administratifs publics auxquels on a droit, on se heurte au final à des mois d'attente et des courriers qui arrivent au compte-goutte, où chaque élément d'information acquis est une petite victoire. Loin d'être simple.

 

C'est un peu surprenant, parce que dans cette région, on connait le délégant.

Le forum pédagogique : un collectif apprenant à l’échelle d’un réseau monde

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Le forum pédagogique : la pari de la confiance

Des enseignants interconnectés porteurs de compétences partagées.

Julie Higounet et Jérôme Train sont deux conseillers pédagogique du réseau nord-américain de la Mission Laïque Française. Les contextes d’enseignement et la répartition géographique des équipes de la MLF a tout naturellement conduit les deux formateurs à intégrer des outils numériques pour rapprocher les enseignants et fluidifier le partage de ressources pédagogiques.

Introduction   

En terme de formation continue, l’enjeu pour nous, enseignants français à l’étranger, est de pouvoir répondre au besoin de contextualisation. Le public non francophone amène à questionner et modifier considérablement les méthodologies “usuelles” de travail.  La plupart des dispositifs actuels sont accompagnés et soutenus par un système de formation continue parcellaire, descendant et souvent hors sol. Peu de place au final pour la co-construction des compétences. Il est devenu nécessaire dans notre contexte de prendre en compte de façon plus systématique l’expertise acquise par les enseignants. Nous sommes partis de ces observations pour construire un dispositif de formation coopératif, dédié à l’ensemble des écoles de la Mission Laïque Française : le Forum pédagogique.

Vers un changement de positionnement : l’enseignant-formateur

Enseigner en français avec un public non-francophone nécessite de repenser la place de la langue et demande de comprendre les modalités de transfert de compétences entre deux langues et les systèmes de co-enseignement. Ce sont des méthodologies de travail à modifier et à réinventer au quotidien. Les professeurs face aux défis rencontrés, développent des réponses adaptées, parfois inattendues et surtout bienvenues pour les élèves. Ces «trouvailles» pédagogiques, trésors de contextualisation, restent parfois à l’intérieur de l’espace classe ou sont aux mieux diffusées dans l’enceinte de l’établissement.

A partir de là, plusieurs questions se posent. Celle de la diffusion de ces pratiques innovantes et celle de l’ancrage chez l’enseignant investigateur : comment permettre au professeur ayant développé une expertise de continuer à faire avancer sa réflexion sur le sujet ? La question de la valorisation et la reconnaissance des compétences nouvellement maitrisées reste alors centrale.

Le partage entre pairs peut à la fois faire partie des éléments de valorisation et représenter un début de diffusion et de réflexion active sur les gestes professionnels. En permettant aux enseignants de participer au partage de leurs domaines d’expertise, c’est un pas de côté qui est effectué. Se préparer à partager c’est se mettre en situation d’analyser sa pratique. Après presque deux ans d’existence, ce système de formation entre pairs a permis de faire évoluer “les enseignants-formateurs” sur l’analyse du geste professionnel et sur l’articulation des pratiques avec la recherche. Les retours et témoignages sont unanimes. Tous font mention d’une recherche de cohérence et de distanciation en phase préparatoire, facilitant une mise en perspective de leur champ d’expertise. Le simple fait de restituer à des pairs amène à consigner soigneusement les préparations et les travaux d’élèves pour les articuler et les rendre intelligibles par autrui. Cette réflexion en amont, permet ainsi à de nombreux enseignants d’analyser leur pratique dans le détail et de mieux comprendre ce qu’ils peuvent améliorer.

Autre aspect important, les interactions entre pairs. C’est lors de ces échanges qu’ont eu lieu des prolongements ou des réorientations de pratiques. Le dialogue horizontal peut permettre de poser des questions qui résonnent chez les pairs aidant à trouver des réponses de par la proximité dans les défis rencontrés au quotidien. Les demandes ou les remarques effectuées sont mieux entendues, les enseignants arguant souvent parler la même langue. Ce changement de posture, ouvre la voie à un dialogue différent sur l’engagement et la mobilisation dans le quotidien de la classe. Repenser le positionnement de l’enseignant est pour nous la chance de valoriser et diffuser les pratiques pédagogiques les plus en adéquation avec les défis rencontrés au jour le jour. C’est également permettre à chaque professeur d’effectuer un travail métacognitif substantiel faisant pleinement sens car étant à destination de ses pairs. Ce changement de rôle chez l’enseignant s’accompagne toujours de perspectives nouvelles dont celle de ne plus être en réception passive lors d’une formation.

Le Forum pédagogique

Afin de prendre en compte et reconnaître les compétences des personnels de notre réseau, nous avons ouvert une plateforme de partage. De la simple initiation à la mise en œuvre concrète d’un projet, les rencontres virtuelles s’adaptent et évoluent en fonction des besoins de chacun. Les enseignants se fédèrent autour d’une volonté commune, partager et accepter de travailler ensemble sur cet espace numérique mis à leur disposition.
Pour ce faire, un calendrier de rencontres synchrones autour de différents sujets est accessible et ouvert à tous. Chacun est libre de s’y inscrire sans demande de validation hiérarchique. Ceci crée les conditions d’une communauté dynamique.

Des salles de visioconférence pour chaque sujet restent à disposition de tous les participants sur la totalité de l’année. Cette approche de la formation s’inscrit dans la durée, elle laisse le temps à la mise en pratique, au questionnement et au partage d’expériences.

L’organisation de ces rencontres synchrones est pensée sur trois types de formation, d’une durée d’une heure chacun.

1) Formation levier : Initiation à une méthodologie de travail ou des pratiques adaptées aux besoins du terrain. Les enseignants rencontrent à distance un pair pour tenter de répondre à leurs besoins.
Exemples
Le langage des signes en maternelle
Les pièces de théâtre radiophonique

2) Accompagnement de projet : une fois la phase d’initiation effectuée, les enseignants peuvent se lancer sur une mise en œuvre de projet, pour lequel ils seront accompagnés par un pair plus longuement dans le temps. Plusieurs sessions de rencontres réparties sur l’année scolaire sont proposées. Ceci permet un retour de pratique, un partage d’expérience et une mutualisation multifocale.
Exemples
Des élèves médiateurs
Construire un webdocumentaire

3) Recherche-action : les enseignants peuvent proposer des problématiques à investir et être suivis annuellement par des équipes de recherche.

Le numérique nous permet d’accompagner l’acte de formation dans le temps, en multipliant les interactions. La réflexion et l’assimilation permettent, sur la durée de réelles évolutions dans les pratiques. Les rencontres d’une heure évitent de se perdre et leur récurrence facilite les mises oeuvre en classe.

Une intelligence collective en action

En s’appuyant sur les ressources vives locales, les démarches innovantes deviennent collectives. L’expertise développée est alors progressivement partagée par une communauté. En devenant à la fois force de propositions et vecteur d’accompagnement de leurs pairs, les enseignants tissent des liens professionnels autres. L’enrichissement est au rendez-vous. Cette démarche volontaire, horizontale basée sur la confiance, fait la part belle à l’initiative collective. ll n’est pas rare que des groupes de réflexion se montent et perdure au-delà des rencontres initialement prévues pour une heure. Ils évoluent alors en fonction des projets. Ainsi par exemple, trois lycées ont décidé d’écrire et de monter ensemble une pièce de théâtre radiophonique. Une formation sur le langage des signes en maternelle a suscité des rencontres hebdomadaires sur plusieurs mois. Le réseau se nourrit ainsi de ses forces et de ses propres compétences. La contextualisation est au rendez-vous et les retours en classe plus systématiques.

L’acte volontaire et autonome se comprend aussi comme une démarche responsable. Chacun identifie et évalue les sujets sur lesquels des avancées sont possibles au sein de la classe. S’inspirer librement des tâtonnements, des réflexions, des expériences de collègues favorise le maillage du réseau et crée les conditions d’une prise en main collective des objets de formation. Cette piste de l’autoformation à travers la force d’un réseau d’apprenants repose sur l’idée que, avec le numérique, personne n’est plus jamais seul face aux problématiques de son métier.

Quelques éléments d’analyse

En 2016-2017 600 enseignants, personnels d’encadrement, formateurs se sont inscrits. Ce chiffre a dépassé un millier cette année. Cela représente 100% des établissements de la Mission laïque française en Amérique du Nord et 60% des personnels.

Ces chiffres sont en deçà de la réalité. Du fait de la souplesse du système d’inscription et des modalités de connexion, les équipes font vivre le dispositif en établissement de façon originale et inattendue. Certains collègues ont par exemple utilisé les interventions en conseil de cycle afin de pouvoir avancer en équipe sur un sujet précis; d’autres ont continué à cheminer sur les salles de visioconférence après la première rencontre.

Des communautés se créent et certains échanges continuent par le biais d’autres canaux comme les réseaux sociaux. Les participants utilisent les outils qu’ils jugent les plus pertinents pour poursuivre leur collaboration. L’essentiel résidant alors dans la pérennité du groupe quelque soit le moyen utilisé.

Au-delà de ces chiffres, c’est un positionnement réflexif qui a bougé chez les enseignants « accompagnant » leurs pairs. L’engagement dans la recherche, la lecture et la diffusion de leurs propres travaux s’est considérablement développé. Par ailleurs, un public d’enseignants qui pourrait être qualifié d’invisible, s’est senti plus en confiance pour entrer dans un temps de réflexion d’une heure. Le fait de s’adresser à un pair a également eu pour effet de faciliter les communications et les retours. La formation dispensée a souvent été perçue comme significative car bénéficiant d’une application et/ou d’une expérimentation concrète locale.

L’esprit de partage est contagieux. Nous recevons désormais régulièrement des propositions de sessions. Nous réalisons ainsi qu’ouvrir aux enseignants, avec confiance, une porte sur la diffusion de leur pratique, élève les exigences habituelles. Avec tout ceci, c’est également une redéfinition du métier que nous souhaitons accompagner: Enseigner, Chercher, Collaborer et Diffuser.

Julie Higounet et Jérôme Train
Conseillers pédagogiques Mission Laïque Française

Retrouvez Julie, Jérôme et bien d’autres intervenants de la Mission Laïque Française dans l’épisode Nipédu 99 : Pédagogie, francophonie et numérique 

Nipédu 99 : Pédagogie, francophonie et numérique

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Un tour du monde en 90 minutes à la rencontre des professionnels mais aussi (et surtout) des élèves qui font la Mission Laïque Française.

À l’occasion de ces secondes rencontres de Saragosse, au coeur de la capitale aragonaise, on vous propose une visite du très accueillant Lycée Molière pour y découvrir toute l’énergie pédagogique, numérique mais surtout humaine d’une association de passionné.e.s.

Alors … bonne émission !

Retrouvez toutes les informations sur la Mission Laïque Française : http://numerique.mlfmonde.org/

Tous les temps forts de l’événement sur Tweeter : #Mlfnumérique

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Nipédu, le podcast qui parle #École, #Éducation et #Numérique !

🚧 INTRODUCTION DE L’ÉMISSION

(00:30 – 6:55)

🎙 LES CAPSULES ET INTERVIEWS

📌 RETROUVER  NIPÉDU

[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?

[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?

Après avoir été reçu à l’Elysée par Emmanuel Macron, le PDG d’Apple s’exprime ce mercredi au Parlement européen lors d’une conférence sur la confidentialité. L’occasion pour Tim Cook d’évoquer le nouveau RGPD, le règlement général sur la protection des données. Présenté comme une révolution en matière de droits numériques, il contraint les entreprises à obtenir le consentement des internautes européens pour utiliser leurs données personnelles mais les géants du Net sont accusés de ne pas le respecter.

Entré en vigueur le 25 mai dernier, le RGPD n’a pas tardé à produire ses premiers effets. La CNIL, la Commission nationale de l’informatique et des libertés, a publié un premier bilan sur les quatre premiers mois d’application du texte. Sur cette période, le gendarme français des données personnelles a reçu 3767 plaintes soit une hausse de 64%, signe d’une prise de conscience du grand public sur cette question. Par ailleurs, la CNIL a été saisie de plusieurs plaintes collectives. Ce type de procédure est l’une des grandes nouveautés introduites par le RGPD.

En France, l’association de défense des libertés sur la toile, la Quadrature du Net, a ainsi déposé cinq plaintes collectives regroupant 12 000 personnes contre Google, Amazon, Apple, Facebook et Microsoft. Principal reproche fait à ces entreprises américaines : la tactique du « à prendre ou à laisser ». Soit l’utilisateur accepte les conditions d’utilisation et donc cède ses données personnelles, soit il n’a plus accès au service, ce qui est interdit par le RGPD. […]

[RFI] Les GAFAM, géants du Net, sont-ils en règle sur la protection des données ?

Se déplacer en milieu rural : ces territoires enclavés qui développent des alternatives sociales et solidaires

Comment se déplacer en milieu rural quand on n'a pas de voiture ni les moyens d'y mettre de l'essence, encore moins de passer son permis ? Comment réduire ses coûts de transport quand on habite loin de son travail, que les bus et les trains ont disparu ? Comment décrocher un diplôme ou trouver du travail dans ces conditions ? Aux confins de la Marne, de la Meuse et des Ardennes, des agents de services publics se mobilisent : dispositif d'aide à la mobilité pour les personnes les plus précaires, mise (...)

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Comment faire le plein moins cher sans polluer, grâce à l'huile de friture recyclée

Recyclée, d'origine végétale, bien moins polluante que le diesel tout en étant beaucoup moins cher... l'huile de récup' n'a que des avantages. C'est ce qu'a bien compris l'association Roule ma frite sur l'île d'Oléron, qui collecte auprès des restaurateurs du coin des dizaines de milliers de litres d'huiles. Ceux-ci serviront ensuite à alimenter les réservoirs ou les chaudières des personnes en précarité énergétique. Tolérée par les autorités, cette « raffinerie » de proximité ne s'en heurte pas moins à un (...)

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Soutenons notre Internet !

Depuis 10 ans, vos dons nous permettent de défendre notre vision d’un Internet idéal — un idéal que nous espérons avoir en commun avec vous. Nous lançons aujourd’hui notre campagne de dons annuelle, avec un objectif de 320 000 € de collecte, comme l’an dernier.

Nous voulons surtout profiter de ce moment pour aborder un sujet qui nous tient à cœur, mais dont nous parlons peu tant nous croulons chaque jour sous de nouvelles menaces contre nos libertés. C’est pourtant ce sujet qui nous anime au quotidien, qui nous fait veiller tard le soir et inspire chacune des phrases que nous écrivons aux juges ou aux parlementaires, ou à vous, pour partager nos inquiétudes et proposer des façons de se défendre.

Cette année, nous prendrons donc l’occasion de notre campagne de dons pour vous parler de l’internet de nos rêves, de « notre Internet ». Certes il y a les GAFAM, Macron, la Technopolice galopante, mais l’espace d’un instant au moins, ayons la sagesse de rêver — de nous rappeler que nous ne luttons pas seulement contre un futur terrible mais, surtout, pour un monde idéal.

Notre Internet idéal est dans les mains de toutes les personnes qui l’utilisent. Il n’a pas de centre ni de maître mais se construit et s’invente collectivement. Pour nous, la meilleure façon d’en parler a donc été de donner la parole à celles et à ceux qui le construisent au quotidien : qui posent des câbles et maintiennent une infrastructure collective face aux FAI géants  qui développent des logiciels permettant une répartition plus juste des pouvoirs de modérations sur Internet  qui font tout pour permettre à chaque personne de construire son petit bout d’Internet autogéré  qui se battent devant les juges pour que les lois ne nous empêchent pas de façonner Internet à notre façon, en nous imposant censure et surveillance.

Au cours de l’année dernière, nous avons eu l’honneur d’accueillir nombre de ces personnes en tant que membres de notre association. Nous espérons que cette campagne de dons reflétera la nouvelle diversité de tons, d’expériences et d’idéaux offerte par cette ouverture, si propre à l’Internet de nos rêves.

Nous avons aussi donné la parole au-delà, à nos alliés de longue date, pour réunir au final une quinzaine de personnes sur quatre vidéos. Une pour chaque facette de notre idéal : un Web où nos règles sont décidées collectivement, sans censure imposée par l’État ou des entreprises  une infrastructure physique gérée par la population  un monde libre de toute surveillance généralisée  le développement de services ne reposant pas sur l’exploitation commerciale de notre identité.

Nous diffuserons ces vidéos au cours des semaines à venir, après la publication dès ce soir, lors de notre soirée de lancement de campagne, d’une première vidéo plus poétique, reprenant en dessins l’histoire de l’Internet telle que nous la voyons aujourd’hui. La diffusion de ces vidéos s’accompagnera d’un ou deux événements publics par semaine (voir le programme).

Exprimer nos rêves apparaît aussi comme une forme de bilan : l’occasion appropriée pour saluer notre bon vieux site Internet, qui nous aura longtemps accompagné·es malgré son âge vieillissant, et d’en accueillir un tout nouveau, tel que vous le voyez !

Merci à toutes les personnes qui partagent ces rêves, que nous espérons encore défendre une année de plus, grâce à vous.