Un étrange silence

Ma « Nessum dorma »

La ville, c'est un peu l'homme et anonyme seul parmi la foule. Mais quand une ville se vide sur une injonction (restez chez vous), les interactions que l'on avait tendance à oublier nous manquent soudain.

La ville - D.R.

Une ville ce sont des pierres, du béton, du ciment, des tuiles et des ardoises et plein d’autres choses mais aussi de l’asphalte, des trottoirs, des pavés, des promenades sous les arbres et dans les parcs, le long du fleuve, du mouvement et du bruit.

L’homme urbain développe une grande ingéniosité pour se déplacer d’un point à un autre en changeant de mode de locomotion, en terminant éventuellement son périple par une ascension qui peut emprunter par exemple un escalier roulant, ayant enfin atteint son but dans la complexité des transports, et le labyrinthe des cheminements. Ses modes d’habiter en fonction des différentes cultures répartissent le temps entre le diurne et le nocturne – mais le nocturne est éclairé, on dira qu’il est éclairé a giorno, au grand dam des contemplateurs d’étoiles – entre le dedans et le dehors, entre le loisir et le travail, entre l’arrêt et le mouvement etc…

Les sociologues de l’Ecole de Chicago , pris dans ce maelström nous brosserons les traits saillants de cette « écologie urbaine », en nous montrant la richesse de ces échanges, de ces multiples interactions dans la société de l’abondance, mais aussi de la pauvreté et de la marginalisation, de la solitude, de la « foule solitaire » .

La ville industrielle décryptée par leurs enquêtes a été remplacée par des ensembles résidentiels ou de bureaux, les activités tertiaires se sont installées dans les centres villes, les banlieues se sont étalées jusqu’à une troisième couronne, renforçant les...

Orange recycle son service de géolocalisation pour la pandémie

arthur
, 28/03/2020 | Source : La Quadrature du Net

Depuis des années, Orange cherche à commercialiser la mine d’or que sont nos données de géolocalisation (la liste des antennes-relais auxquelles nos téléphones se connectent au fil la journée). La pandémie semble être pour l’entreprise une bonne occasion d’ouvrir son marché.

Flux Vision

En 2013, Orange a lancé une première offre, Flux Vision, qui propose aux villes et lieux touristiques des statistiques sur les « flux de déplacement » de leurs visiteurs : fréquentation, durée de séjour, provenance, chemins parcourus. Les statistiques fournies ne permettent évidemment pas d’identifier chaque personne, mais elles sont réalisées de façon plus ou moins légale.

Pour mesurer la fréquentation d’un lieu, il suffit de compter le nombre de connexions à une antenne-relais, sans traiter de donnée personnelle. Bien. En revanche, pour évaluer les durées de séjour, la provenance ou les déplacements, Orange doit traiter les données non-anonymes qui révèlent la position de chaque visiteur à différents moments de son séjour. En pratique, il ne s’agit plus seulement de compter le nombre de connexions à une antenne mais, aussi, de s’intéresser à l’identifiant de chaque connexion1Pendant la Féria de Béziers de 2016, Orange a révélé qu’un nombre important de visiteurs venaient de Toulouse, permettant à la ville de mieux cibler sa prochaine campagne publicitaire (voir le témoignage). L’entreprise a aussi suivi la position des personnes autour du lieu de la Féria à différentes heures de la journée, pour révéler par exemple que les personnes qui y vivaient habituellement ont attendu les derniers jours de festivité pour revenir chez elles (voir le graphique illustrant cet article). Ces informations ne peuvent être produites qu’en analysant les données de localisation propres à chaque personne. Peu importe que ces données soient ensuite anonymisées si, avant de l’être, elles sont collectées, examinées ou catégorisées pour une finalité étrangère au service initialement fourni par l’opérateur à ses abonnées..

La directive ePrivacy et la loi française interdisent le traitement de données de localisation non-anonymes sans notre consentement. Dans le cadre de Flux Vision, Orange ne demande jamais ce consentement. Pour des raisons encore obscures2Pour mieux comprendre pourquoi la CNIL tolère Flux Vision, on peut souligner qu’il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé. À l’article 5 de ses lignes directrices de 2019 sur l’utilisation de traceurs en ligne, la CNIL a, ici aussi, inventé une exception à l’obligation d’obtenir notre consentement. Encore une fois, cette exception concerne l’analyse des visiteurs (sur des sites Web) et autorise à déposer et récupérer des fichiers sur notre ordinateur ou téléphone pour « la production de statistiques anonymes ». Cette exception viole tant l’article 5, §3, de la directive ePrivacy que l’article 82 de la loi informatique et libertés de 1978. Ces deux textes sont parfaitement explicites sur les cas où une personne peut accéder à notre ordinateur pour une chose qu’on ne lui a pas demandée : jamais. En droit, et quoi qu’en dise la CNIL, aucun motif économique ne justifie de porter atteinte à l’inviolabilité de nos équipements informatiques ou de notre domicile. et sans aucune base légale, la CNIL tolère que les opérateurs téléphoniques violent la loi « dans le domaine du tourisme, de l’aménagement du territoire et du trafic routier ». En 2013, Orange avait pu profiter de cette situation mais, coincé entre l’illégalité et la tolérance de la CNIL, l’entreprise n’a plus proposé d’offre nouvelle depuis 7 ans.

Jusqu’à ce que l’occasion se présente enfin. Une crise sanitaire, un gouvernement défaillant, des stratégies à inventer, tout ce qu’il faut pour proposer un nouveau produit.

L’occasion de la crise

Le commissaire européen Thierry Breton, lui aussi, a vu l’occasion d’aider l’industrie qui l’a nourri : il a réuni les huit principaux opérateurs européens (Orange, Deutsche Telekom, Vodafone…) pour annoncer entre grands-techniciens non-médecins leur stratégie pour lutter contre la pandémie en surveillant la population. De quoi mettre en avant leurs offres commerciales.

Et justement, de son côté en France, le PDG d’Orange, Stéphane Richard, enchaîne les interventions média avec une stratégie qui semble assez claire : recycler son offre Flux Vision de 2013 pour la crise actuelle. Si Orange peut déjà informer les villes sur les mouvements de leurs touristes, il le pourra aussi pour leurs malades et leurs confinés. Et si Orange joue les bons élèves en temps de crise, il aura ouvert un nouveau marché durable. Il se sera même rapproché d’autres marchés similaires, encore peu avouables, que ce soit pour tracer les manifestant⋅es, les jeunes des quartiers pauvres, les sans-abris…

Une bien belle occasion pour se diversifier dans le sécuritaire.

Le soutien de la CNIL

Et que fait la CNIL ? Mediapart nous apprend qu’elle pousse le gouvernement vers certaines solutions qui, en pratique, sont principalement celles d’Orange.

Pour se justifier, la CNIL reprend le vocabulaire fallacieux d’Orange, qui se vante de fournir des statistiques « agrégées » afin de donner l’impression qu’il respecte la loi. Or, pour fournir des statistiques de déplacement « anonymes », Orange analyse d’abord des données personnelles, non-anonymes, sans le consentement des personnes. C’est illégal.

La CNIL aurait dû exiger qu’aucune statistique d’Orange ne puisse se fonder sur autre chose que des données purement techniques, sans lien avec les personnes, tel que le nombre de connexions aux antennes-relais. Par exemple, bien qu’on ne sache pas exactement comment Paris a évalué à 17% la baisse de sa population depuis le confinement, la ville aurait simplement pu comparer entre deux dates le nombre de connexions à ses antennes, démontrant qu’il n’est pas nécessaire de violer la loi pour produire des chiffres.

Une surveillance plus poussée

Hélas, la CNIL ne se contente pas de faire la promotion des offres commerciales d’Orange. Elle invite aussi le gouvernement à adopter une nouvelle loi dans l’hypothèse où il faudrait des mesures « plus poussées » – par exemple, cartographier chaque malade ou confiné, sans leur consentement. Pourtant, la directive ePrivacy interdit toute loi de ce type : les données de localisation ne peuvent être collectées sans le consentement des personnes que pour lutter contre les infractions (et seulement les crimes les plus graves, d’après les juges de l’UE) et non pour lutter contre la propagation d’un virus3Au regard de l’article 15 de la directive ePrivacy, les États peuvent demander aux opérateurs de traiter des données de localisation sans le consentement des personnes si cela est justifié par la « sécurité nationale » ou la « sécurité publique ». La « sécurité nationale » est définie à l’article 4, §2, du Traité sur l’UE comme couvrant les domaines pour lesquelles l’Union n’est pas compétente pour agir. Or, l’article 168 du Traité sur le fonctionnement de l’UE prévoit que celle-ci est compétente pour lutter contre les maladies. Ce domaine échappe donc à la « sécurité nationale ». S’il en allait autrement, Thierry Breton et la Commission ne pourraient pas intervenir pour lutter contre le coronavirus sur le territoire des États membres, comme c’est le cas actuellement. La « sécurité publique », elle, est décrite à l’article 1 de la directive 2016/680 comme étant un domaine « compris » dans la lutte contre les infractions. La Cour de justice de l’Union européenne est encore plus rigoureuse, précisant que la « sécurité publique » ne justifie la surveillance que des personnes mêlées à « une infraction grave » (arrêt Tele2 du 21 décembre 2016, point 106). Lutter contre le virus ne consiste pas à lutter contre des « infractions graves » et est donc exclu de la notion de « sécurité publique ».. Contrairement à ce qu’on peut lire dans la presse, le RGPD n’est pas à même d’autoriser le traitement de données de localisation. Seule la directive ePrivacy le pourrait. Elle l’interdit en l’espèce.

On aimerait croire que, si la CNIL invite le gouvernement à violer le droit européen, ce n’est pas simplement pour la grandeur industrielle du pays, mais aussi pour protéger notre santé. Sauf que ni la CNIL, ni Orange, ni personne n’a été capable de démontrer la nécessité médicale de surveiller sans leur accord les personnes confinées ou malades – surtout quand celles-ci sont indétectables en l’absence de test. Alors que Singapour propose une application basée sur un protocole ouvert permettant aux personnes de révéler volontairement leurs déplacements, pourquoi la CNIL défend-t-elle la proposition d’Orange, contraire au droit, beaucoup moins respectueuse de nos libertés et qui, elle, n’a fait aucune preuve de son intérêt contre le virus ?

Pour l’instant, le gouvernement semble insensible aux appels d’Orange, occupé par des choses plus importantes. Bien. Contrairement à la CNIL, nous n’hésiterons pas à l’attaquer s’il cédait aux ambitions hasardeuses des profiteurs de crise.

References   [ + ]

1. Pendant la Féria de Béziers de 2016, Orange a révélé qu’un nombre important de visiteurs venaient de Toulouse, permettant à la ville de mieux cibler sa prochaine campagne publicitaire (voir le témoignage). L’entreprise a aussi suivi la position des personnes autour du lieu de la Féria à différentes heures de la journée, pour révéler par exemple que les personnes qui y vivaient habituellement ont attendu les derniers jours de festivité pour revenir chez elles (voir le graphique illustrant cet article). Ces informations ne peuvent être produites qu’en analysant les données de localisation propres à chaque personne. Peu importe que ces données soient ensuite anonymisées si, avant de l’être, elles sont collectées, examinées ou catégorisées pour une finalité étrangère au service initialement fourni par l’opérateur à ses abonnées.
2. Pour mieux comprendre pourquoi la CNIL tolère Flux Vision, on peut souligner qu’il ne s’agit malheureusement pas d’un cas isolé. À l’article 5 de ses lignes directrices de 2019 sur l’utilisation de traceurs en ligne, la CNIL a, ici aussi, inventé une exception à l’obligation d’obtenir notre consentement. Encore une fois, cette exception concerne l’analyse des visiteurs (sur des sites Web) et autorise à déposer et récupérer des fichiers sur notre ordinateur ou téléphone pour « la production de statistiques anonymes ». Cette exception viole tant l’article 5, §3, de la directive ePrivacy que l’article 82 de la loi informatique et libertés de 1978. Ces deux textes sont parfaitement explicites sur les cas où une personne peut accéder à notre ordinateur pour une chose qu’on ne lui a pas demandée : jamais. En droit, et quoi qu’en dise la CNIL, aucun motif économique ne justifie de porter atteinte à l’inviolabilité de nos équipements informatiques ou de notre domicile.
3. Au regard de l’article 15 de la directive ePrivacy, les États peuvent demander aux opérateurs de traiter des données de localisation sans le consentement des personnes si cela est justifié par la « sécurité nationale » ou la « sécurité publique ». La « sécurité nationale » est définie à l’article 4, §2, du Traité sur l’UE comme couvrant les domaines pour lesquelles l’Union n’est pas compétente pour agir. Or, l’article 168 du Traité sur le fonctionnement de l’UE prévoit que celle-ci est compétente pour lutter contre les maladies. Ce domaine échappe donc à la « sécurité nationale ». S’il en allait autrement, Thierry Breton et la Commission ne pourraient pas intervenir pour lutter contre le coronavirus sur le territoire des États membres, comme c’est le cas actuellement. La « sécurité publique », elle, est décrite à l’article 1 de la directive 2016/680 comme étant un domaine « compris » dans la lutte contre les infractions. La Cour de justice de l’Union européenne est encore plus rigoureuse, précisant que la « sécurité publique » ne justifie la surveillance que des personnes mêlées à « une infraction grave » (arrêt Tele2 du 21 décembre 2016, point 106). Lutter contre le virus ne consiste pas à lutter contre des « infractions graves » et est donc exclu de la notion de « sécurité publique ».

Blog : Covid-19 et moi, épisode 3/?

Iceman
, 28/03/2020 | Source : chez Iceman

Suite et à priori pas fin de ce récit d’une période exceptionnelle, dans le sens littéral. Et je vais parler un peu plus de cette vie réelle, dans une ville moyenne de banlieue, même si je suis entourés de gens privilégiés, à 300m d’une cité plus ouvrière. Privilégié, c’est ce que l’on aurait appelé normal… Lire la suite Blog : Covid-19 et moi, épisode 3/?

Le système se fabrique son plan de sauvetage

Pas le votre et pourtant, tout le monde est content

Sous nos yeux se construit une nouvelle bulle, des nationalisations qui n'en sont pas, un sauvetage des grandes entreprises. Les particuliers en revanche... Ils auront le droit... de financer ces plans...

Faillites en cascades à prévoir...

Tout le monde ne l'avait pas vu venir, ce méta plan de sauvetage du secteur de la finance, lors des deux dernières crises. Mais avec le recul, tout le monde a compris que l'argent gratuit injecté en masse a servi aux financiers pour se sortir de la course vers précipice dans laquelle ils s'étaient engagés. Mieux, par la suite, cela a permis d'engranger bonus exceptionnels et bénéfices sonnants et trébuchants pendant que la bulle créée par cet afflux d'endettement grossissait. Le coronavirus est un élément qui a participé à la correction d'une tendance haussière indue mais celle-ci serait intervenue un jour ou l'autre, les arbres ne montant pas au ciel. Cette fois, c'est presque pire. Ce n'est plus un secteur de l'économie qui est sauvé du gouffre par les États et les banques centrales, c'est toute l'économie. Enfin presque... Les grandes entreprises, déjà endettées au delà du raisonnable après cette période exceptionnelle de taux bas, vont bénéficier de flots d'argent tandis que les petites entreprises vont se partager des miettes et les particuliers... Rien (ou presque). Ce qui revient à dire qu'une économie peut survivre avec la consommation des entreprises et sans la consommation des ménages. Bon courage les amis...

[highlight:“It is a panicked and reckless legislative response,” Sarah Miller, executive director of the American Economic Liberties Project]

Aux États-Unis, le Sénat a voté un plan de relance pour les...

Des solutions libres face au COVID-19 - Décryptualité du 23 mars 20

mmorandi
, 27/03/2020 | Source : April


The Jitsi logo

Titre : Décryptualité du 23 mars 2020 - Des solutions libres face au COVID-19
Intervenant·e·s : Manu - Mag - Luc
Lieu : April - Studio d'enregistrement
Date : 23 mars 2020
Durée : 14 min 30 s
Écouter ou enregistrer le podcast
Revue de presse pour la semaine 12 de l'année 2020
Licence de la transcription : Verbatim
Illustration : The Jitsi logo, Wikipédia - Licence Creative Commons BY-SA 3.0
NB : transcription réalisée par nos soins, fidèle aux propos des intervenant·e·s mais rendant le discours fluide.
Les positions exprimées sont celles des personnes qui interviennent et ne rejoignent pas nécessairement celles de l'April, qui ne sera en aucun cas tenue responsable de leurs propos.

Description

Face à la pandémie, de nombreuses initiatives s'appuient sur le libre et ses principes pour proposer des solutions rapides et faciles à mettre en œuvre et mieux travailler ensemble.

Transcription

Voix off de Luc : Décryptualité.

Voix off de Nico : Le podcast qui décrypte l’actualité des libertés numériques.

Luc : Semaine 12. Salut Manu.

Manu : Salut Mag.

Mag : Salut Luc.

Manu : On a cinq articles qui, globalement, parlent du sujet du jour, du moment, du mois, de l’année.

Luc : L’affaire Griveaux ? Non ?

Manu : Non.

[Rires]

Mag : Le Monde Informatique, « Les failles des logiciels open source bondissent en 2019 », par Jacques Cheminat.

Manu : On l’a mis en premier pour s’en débarrasser parce que c’est un sujet qui était déjà là la semaine dernière.

Mag : Pas intéressant ? Pardon !

Manu : Non c’est intéressant. Il y a plein de failles qui viennent d’apparaître, mais ce sont des failles qui apparaissent parce qu’il y a beaucoup de tests qui ont été faits et, avec le logiciel libre, on peut faire plus facilement ces tests, donc ils sont en cours de correction.

Luc : On en a parlé la semaine dernière.

Manu : On a quatre gros articles qui suivent et qui parlent tous plus ou moins du Covid-19, c’est normal.

Mag : Ou en tout cas des alternatives qu’apporte le Libre pour subir cette maladie.

Luc : En tout cas la façon dont le Libre est invoqué, utilisé, face à ces difficultés, on voit que ça part dans tous les sens, ce qui est très intéressant.

Manu : Oui.

Mag : Le Monde Informatique, « Télétravail : pourquoi ne pas s'inspirer de l'Open Source », par Matt Asay.

Manu : Et plusieurs autres articles secondaires qui sont intéressants. Il y a notamment une interview, une discussion avec Linus Torvalds qui travaille à distance pour faire le noyau Linux et l’outil utilisé par tous les développeurs, un truc phénoménal qui s’appelle Git. Linus Torvalds bosse vraisemblablement en robe de chambre, avec son chat, et on ne le dérange pas avec des visioconférences, il considère que c’est inutile. Globalement il y a du télétravail dans l’open source, donc dans le monde du logiciel libre, c’est plus ou moins la même chose et effectivement, il y a des choses dont il faut s’inspirer.

Luc : Il y a aussi des méthodes de travail dans l'informatique qu’on peut utiliser dans d’autres domaines. Sur la question de la téléconférence et du télétravail, j’aime bien rencontrer des gens en vrai, je n’aime pas trop le télétravail et je pense que ça dépend vraiment des boulots qu’on fait. Effectivement quand on code, je sais même si je ne code pas moi-même, qu’il y a des moments où on a vraiment besoin d’être isolé et que les téléphones, les notifications dans tous les sens font que les gens ne sont plus concentrés sur ce qu’ils font. Tout le monde un, ne fonctionne pas pareil et tout le monde n’a pas le même boulot qui nécessite les mêmes choses. C’est une forme d’inspiration mais à chacun, après ça, de l’adapter à ce qu’il fait.

Manu : Comment tu pourrais adapter cette inspiration dans le monde de la librairie ? Ça va être difficile.

Mag : Je me vois très bien ouvrir un Jitsi1 constamment et les gens qui veulent me commander des livres se banchent et ils me les commandent à voix haute et moi il faudra que j’entende. Ça peut être une idée, en tout cas ça m’a bien donné envie de l’envoyer à certains de mes clients pour dire « eh, venez causer avec moi ». Est-ce qu'ils ont envie de causer avec moi, ça c’est une autre question.

Manu : Je crois que tu pourrais envisager des clubs de lecture, notamment quand tu discutes avec des clients de livres en commun sur un sujet particulier, là, la visioconférence pourrait apporter quelque chose, en ce moment, en tout cas.

Mag : En ce moment uniquement, parce que sinon c’est mieux s’ils viennent à la librairie.

Mag : Article suivant : ZDNet France, « Comment l'open source fait face à la crise du COVID-19 », par Steven J. Vaughan-Nichols.

Manu : C’est une petite liste rapide de sujets qui sont en lien avec le COVID-19, bien sûr, mais qui parlent de fabrication de matériel, de travail en commun pour essayer de résoudre ce qui manque en ce moment. Il y a d’autres articles secondaires qui abordent de manière plus précise, mais notamment des masques, du matériel de test, du matériel dans les respirateurs, il y a des problématiques de valve, notamment en Italie.

Mag : Attention ! En Italie, il y a une équipe qui a fait des valves avec un coût de 1 euro au lieu de 10 000 euros faits par une entreprise pour aider un hôpital et pas de chance !

Manu : Scandale !

Luc : Scandale ! Effectivement, ce sont des hôpitaux italiens qui n’avaient plus de valves pour leurs respirateurs, c’est 11 000 euros la valve.

Manu : Officiellement, en tout cas c’est ça que le fabricant fait..

Luc : Quand le fournisseur la donne. Après, il faut voir ce qu’il y a derrière puisque s’ils n’ont plus de valves c’est peut-être qu’ils n’ont pas fait de stocks, ils n’ont peut-être pas bien prévu les choses. Effectivement, quand on voit la différence, on se dit que c’est énorme. En tout cas ce qui c’est passé c’est qu’après qu’ils ont fait ces valves imprimées en 3D, le fournisseur officiel a dit « on va vous faire un procès parce que vous n’avez pas le droit, c’est la propriété intellectuelle, etc. »

Mag : C’est honteux. Ce mec-là qui va faire un procès à des gens qui vont aider en pleine crise, comme ça, il ne ferait pas mieux de se taire !

Luc : C’est ambigu parce que tu peux imaginer que la fiabilité des valves ne soit pas du tout la même et, du coup, que ces valves imprimées en 3D soient relativement dangereuses. Mais après tu diras qu’entre pas de valve du tout et une valve qui marche moins bien, il n’y a pas photo !

Mag : Ils se dépêchent d’en reproduire et les valves qui sont faites sont là en urgence le temps que les nouvelles arrivent, mais tu ne fais pas un procès !

Luc : C’est ça le problème, vu l’urgence tu peux effectivement essayer d’arrondir les angles en disant « utilisez vos valves, on vous en envoie d’autres, vous nous envoyez les factures, on se dépêche, on essaye d’être au taquet pour sauver des vies ». C’est là où effectivement ça fait mal.

Mag : Un euro la valve, ne me dites pas qu’ils font du bénef dessus !

Luc : C’est toujours difficile à estimer dans le sens où, quand tu produis un outil quelconque, il y a toute la recherche et les gens tu les payes. Après ça, tu vas avoir toute la maintenance, il faut qu’il y ait des gens qui soient constamment disponibles, etc. Après, peut-être qu’ils se font des bénefs de fou furieux dessus, ils ne seraient pas les premiers à être sur des marchés de niche où ils s’en mettent plein les poches ; c’est très possible aussi.

Mag : J’y crois moyen.

Luc : Avec ce niveau de différence, c’est très possible.

Manu : sur les respirateurs il y a des médecins qui font preuve d’inventivité, je suppose que c’est le bloc qui pousse l’air pour pousser sur quatre patients en même temps, et effectivement ils ont mis en place des petites pièces qui permettent de dériver le flux d’air et de le réutiliser. C’est un peu à l’arrache, parce qu’ils n’en ont pas assez, mais ça a l’air d’être de l’inventivité au moment où on en a besoin. Sachant qu’il y a plein de gens qui sont en train de faire des masques en ce moment, de plein de manières différentes, avec différents niveaux de qualité, y compris des particuliers.

Luc : On parle de médecine de catastrophe. Donc il s’agit de s’adapter à des situations exceptionnelles avec beaucoup de gens qui vont mourir, donc on pare au plus pressé.

Mag : À la guerre comme à la guerre !

Luc : Ce que je trouve aussi intéressant par rapport à ces démarches open source, une des démarches de certains projets en tout cas, c’est de faire des appareils qu’on puisse construire soi-même avec des gens compétents, mais pas nécessairement avec des outils de folie, donc pas nécessairement des trucs qui vont être de top qualité, mais qu’on peut construire rapidement et avec des moyens modestes. C’est hyper-intéressant pour les pays moins développés. On sait que la maladie est en train d’arriver en Afrique et il va y avoir potentiellement beaucoup de morts parce qu’il y a un manque de moyens et là, effectivement, un respirateur qui puisse être produit localement rapidement, même si ce n’est pas du aussi haut niveau que du matériel professionnel très cher, eh bien il a le mérite d’exister là où il n’y aurait rien. Et ça aussi c’est une valeur énorme.

Mag : Article suivant : korii, « Wikipédia gagne la guerre contre la désinformation sur le COVID-19 », par Antoine Hasday.

Luc : Voilà une autre démonstration de la puissance du Libre. Évidemment, avec des évènements pareils, il y a des tas d’informations qui circulent dans tous les sens.

Manu : De désinformation et de rumeur.

Luc : On voit que Wikipédia, derrière, a su mobiliser des gens déjà fiables, sérieux, compétents aussi, qui ont réussi à faire le tri et à faire le ménage.

Mag : Ce qui est extraordinaire c’est que toutes les conneries qu’on peut entendre sur le COVID sont aussi sur Wikipédia. Ils ont fait une page spéciale désinformation2 avec une petite section pour les conneries de l’administration Trump. Aller voir pour se marrer.

Luc : C’est ça que je trouve assez fabuleux, c’est que finalement on arrive dans une situation où il y a un certain nombre d’institutions publiques qui devraient en théorie être les trucs sérieux en qui on devrait avoir confiance, Trump tout particulièrement, qui racontent d’énormes conneries, donc participent à la désinformation et à l’ambiance de parano.

Manu : On ne peut jamais tout à fait faire confiance à certaines administrations. Après tout la Chine c’est le premier cas, on sait qu’ils ont bloqué l’information, on en a déjà parlé dans le passé et on ne peut jamais être certain exactement de ce qu’ils nous fournissent comme information : ils contrôlent et ils ont d’autres intérêts qui sont en jeu. Ce n’est pas beaucoup mieux avec les hommes politiques qu’on a en Europe. Par exemple, dans quelle mesure on fait toujours confiance à tout ce qu’ils nous disent parce que des fois il y a des choses qui peuvent aller à l’encontre de leur carrière, de leurs décisions passées, qui peuvent se révéler mauvaises à un moment donné. Ils peuvent être tentés de les retenir pour les orienter dans d’autres directions.
Il est même question que la Russie puisse utiliser le COVID-19 pour perturber des élections futures. N’oublions qu’il y a les élections de Trump [élections américaines, NdT] qui arrivent et là, si c’est bien le cas que la Russie à cet intérêt à créer de la dissension dans les pays occidentaux, il y a une occasion phénoménale pour eux sachant qu’à côté ils revendiquent le fait de ne pas avoir beaucoup de malades dans leur pays.

Luc : L’article sur cette question de Wikipédia parle aussi des GAFAM. Il dit que les GAFAM devaient peut-être s’inspirer de Wikipédia. Mais là où ça ne marchera pas c’est que Wikipédia c’est beaucoup d’humains qui sont de bonne volonté et qui ont envie de bien faire alors que les GAFAM sont là pour gagner de l’argent, donc ils font appel à des systèmes automatiques pour que ça leur coûte moins.

Manu : Dans une certaine mesure.

Luc : Dans une certaine mesure ou à des gens payés au lance-pierre qui font ça en boucle toute la journée et qui, du coup, ne sont pas là pour faire bien, ils sont là pour gagner leur vie avec un boulot pas facile.

Manu : Pire encore, les personnels qu’ils utilisent, qui sont payés au lance-pierre, ressortent de tout ça avec des stress post-traumatiques parce qu’on leur montre en permanence, toute la journée, des choses qui sont juste affreuses. Sans même parler du COVID-19 et de la désinformation, il y a plein de cas où ces gens-là sont juste en burn-out à la sortie. On ne connaîtra jamais forcément parce que c’est toujours dans d’autres pays. Ils se débrouillent pour mettre ça dans d’autres pays.

Luc : En plus, je pense que les gens qui font ce genre de boulot de base ça doit être des sous-traitants, je pense que les GAFAM ne les embauchent pas directement. Ce sont des gens à qui on ne demande pas d’être intelligents, on leur demande juste d’appliquer bêtement une consigne, genre on ne veut pas voir de téton.

Manu : Ah oui, pas de téton, ça jamais, jamais !

Luc : Donc on imagine ce que ça donne dans des situations comme ça avec des intérêts divergents, de la panique, des trucs comme ça. Forcément c’est compliqué.

Manu : Ils font quand même des efforts, ils ont besoin de montrer qu’ils font des efforts. Il y a Facebook qui revendique d’avoir un groupe qui travaille à des pompes open source. On pourrait peut-être aller par là.

Luc : Sur ce coup-là, Facebook ne revendique rien du tout, ce sont juste des gens qui s’organisent sur Facebook pour travailler sur un de ces projets. Rappelons qu’en faisant ça, tout ce qu’ils mettent dans Facebook, ils le cèdent à Facebook, même s’ils le mettent sous une licence libre, ils ont cédé leurs droits à Facebook. De l’intérêt de réfléchir aux outils qu’on utilise.

Mag : Le dernier article : Heidi.news, « Les biohackers se mobilisent contre le coronavirus », par Fabrice Delaye.

Manu : C’est une initiative, l’Open-Source-COVID-19, qui a été lancée par des militants d’après l’article. On ne connaît pas trop la profondeur, la disparité des gens qui interviennent là-dedans, mais en gros son but c’est d’être un laboratoire géant au niveau de la planète pour créer des moyens de détection plus simples, moins chers, pour détecter le virus et éventuellement trouver ensemble des moyens de contrecarrer sa propagation ou de traiter les effets secondaires. C’est quelque chose qui est intéressant, mais on ne sait pas encore ce que ça va donner ou ce que ça peut donner.

Mag : En tout cas, ça sera une information qui va être distribuée à tout le monde, quel que soit son pays, sa langue et ses moyens financiers. Rien que pour ça, ça mérite d’être salué.

Luc : Oui, parce que, encore une fois, tous les pays du tiers-monde qui n’ont pas les moyens, ce ne sont pas des marchés rentables pour les grosses boîtes, elles ne vont pas miser là-dessus. Aujourd’hui on parle beaucoup de la potentielle efficacité d’un remède contre le paludisme, or c’est typiquement une maladie qui touche énormément de gens dans le monde mais qui n’a pas beaucoup été étudiée, sur laquelle on n’a pas beaucoup misé, un peu mais pas tant que ça. Les premiers à vraiment s’intéresser c’étaient plutôt les militaires américains parce qu’ils envoyaient des troupes à droite à gauche et c’était plutôt pour eux. Du coup, on voit comment avec le Libre on arrive à avoir quelque chose de beaucoup plus humain. Comme on n’est pas là pour faire du profit, on peut faire des choses qui permettent à des gens qui n’ont pas les moyens de se soigner et d’éviter d’être soumis à tout ça.

Mag : C’est incroyable toutes les choses positives qui peuvent arriver en temps de crise. Il faut reconnaître ça. Je préférerais éviter les crises, mais il y a plein de choses collaboratives qui sont faites et ça mérite d’être salué.

Manu : En partie grâce à Internet et au logiciel libre, on pourrait parler de l’intelligence des foules, l’intelligence du monde quand on lui demande de contribuer.

Luc : Il y a les deux. Toutes ces histoires me font penser à ce qui se passe, on en a déjà parlé dans le podcast il y a longtemps, heureusement, qui sont les groupes qui s’organisent pour offrir des services cartographiques en cas de catastrophe, que ce soit des guerres, autour d’OpenStreetMap3, même si ce n’est pas un projet d’OpenStreetMap même, mais je suppose qu’on devrait trouver pas mal de gens dedans qui sont OpenStreetMap par ailleurs. Ce sont des gens qui sont formés pour ça, qui sont des bénévoles, et quand il y a un tremblement de terre, une guerre, ils récupèrent des photos aériennes, des photos satellites et ils vont bosser pour produire très rapidement une carte qui permette aux gens sur le terrain d’intervenir, de savoir où les routes passent, où elles ne passent pas, etc.

Manu : Je crois que c’était à Haïti où effectivement, grâce à leurs cartes, les gens qui intervenaient sur place pouvaient avoir une idée de ce qui avait été bougé, mais aussi de là où les gens s’étaient finalement installés. On voit les tentes et on voit les regroupements de personnes, ça permet de mieux intervenir. Sans que ce soit parfait c’est un travail en constant développement. Là on est au début de quelque chose qui pourrait donner lieu à ce genre d’initiative.

Mag : En tout cas, c’est toujours mieux que de ne rien avoir.

Luc : Ce que je trouve intéressant aussi, c’est qu’on voit que quand il y a urgence et quand il y a des gros enjeux, eh bien on va vers ce genre de solution dans le partage. Dans les articles il y avait également un laboratoire Pfizer qui n’est pas du tout dans le partage et qui finalement dit : « On va mettre en open source des outils qu’on a pour que tout le monde puisse progresser ». On voit que tous ces systèmes de fermeture ne sont pas du tout dans l’intérêt général. Ce sont vraiment des trucs pour que l’intérêt particulier s’en mette plein les poches et garde du contrôle là-dessus.
Ce que je trouve intéressant et après cette crise-là, ça va être aussi le rôle de l’informatique parce qu’aujourd’hui il y a énormément de choses qui sont organisées au travers de ça, sur savoir où sont les malades, où sont les places d’hôpital, etc. On a des GAFAM lorgnent sur les données de santé. On rappelle qu’il n’y a pas très longtemps Amazon a passé un accord avec l’équivalent de la sécurité sociale britannique pour que Amazon puisse taper dans les données, organiser et gérer toutes les données de santé des Britanniques. Je ne serais pas étonné qu’ils viennent avec des solutions clés en main en cas d’épidémie.

Manu : Ça fait un moment que Google lorgne là-dessus. Ils sont en association avec des assurances et ils voudraient pouvoir optimiser les données de santé. Parfois il y a des choses qui sont louables : essayer d’utiliser les données de la foule pour en retirer des informations qui permettent ensuite de faciliter les traitements, mais c’est rageant que ça passe par des nœuds comme les GAFAM. Leur donner d’autant plus de pouvoir c’est un peu énervant alors que, finalement, à qui on devrait le donner ? Eh bien aux médecins, on devrait le donner à des groupes qui sont constitués de manière internationale, l’OMS aurait peut-être son mot à dire. Il ne faut pas centraliser, éviter autant que possible, décentraliser tout ça, faire en sorte que ce soit utilisable et réutilisable par tout le monde.

Mag : Du coup je vous dis à la semaine prochaine.

Manu : À la semaine prochaine.

Luc : Salut tout le monde.

« Libre à vous ! » sur radio Cause Commune (31 mars 2020)

egonnu
, 27/03/2020 | Source : April

31 Mars 2020 - 15:30
31 Mars 2020 - 17:00

Photo d'illustration de l'émission

60e émission Libre à vous ! de l'April en direct sur radio Cause Commune 93.1 FM en Île-de-France, et sur le site web de la radio, mardi 31 mars 2020 de 15 h 30 à 17 h 00. Le podcast de l'émission et les podcasts par sujets traités sont disponibles dès que possible, quelques jours après l'émission en général.

Au programme :

  • Notre sujet principal portera sur la politique logiciel libre de Fleury-les-Aubrais, avec William Gonzalez, délégué à la protection des données, et membre de l'April.
  • Le sujet principal se poursuivra par un échange avec William Gonzalez sur son livre : « Une expérience libre ».
  • La chronique « Les transcription qui redonnent le goût de la lecture » de Marie-Odile Morandi, animatrice du groupe Transcriptions et administratrice de l'April, qui partagera son analyse de l'évolution des sujets du Décryptualité de ce dernier mois.

Nous contacter pour poser une question :

Intervenir pendant le direct (mardi 31 mars 2020 de 15h30 à 17h00) :

Écouter le direct mardi 31 mars 2020 de 15 h 30 à 17 h 00   S'abonner au podcast

Les ambitions de l'émission Libre à vous !

La radio Cause commune a commencé à émettre fin 2017 sur la bande FM en région parisienne (93.1) et sur Internet. Sur le site de la radio on lit : « Radio associative et citoyenne, les missions de Cause Commune sont de fédérer toutes les initiatives autour du partage et de l’échange de savoirs, de cultures et de techniques ».

Nous avons alors proposé de tenir une émission April intitulée Libre à vous ! l'émission pour comprendre et agir avec l'April — d'explications et d'échanges concernant les dossiers politiques et juridiques que l'association traite et les actions qu'elle mène. Une partie de l'émission est également consacrée aux actualités et actions de type sensibilisation. L'émission Libre à vous ! est principalement animée par l'équipe salariée de l'April mais aussi par des membres bénévoles de l'association et des personnes invitées. Donner à chacun et chacune, de manière simple et accessible, les clefs pour comprendre les enjeux mais aussi proposer des moyens d'action, tel est l'objectif de cette émission hebdomadaire, qui est diffusée en direct chaque mardi du mois de 15 h 30 à 17 h.

Les archives de l'émission

Écouter les émissions précédentes

Inspire 03 – Gelson Fernandes

niptechpodcast@gmail.com (@bcurdy et @syde)
, 27/03/2020 | Source : Niptech

Pour le retour de Niptech Inspire, Mike reçoit le footballeur suisse Gelson Fernandes. #Inspirer #Comprendre #Questionner

Podcast: Téléchargement

Pour le 3ème Niptech Inspire, je parle avec  “the one and only” Gelson Fernandes. Gelson est l’un des plus grands joueurs de football suisses de sa génération. Non seulement il a du talent, mais il parle 6 langues, est humble et nous raconte des histoires personnelles et intéressantes.

Pour plus d’info sur Gelson, allez sur : 

Pour  lui parler directement sur les réseaux sociaux, n’hésitez pas à le contacter… Il répond aux messages polis ;-)

Solidarités numériques : le Libre se mobilise

Goofy
, 27/03/2020 | Source : Framablog

Le Libre et ses acteurs et actrices, associatifs ou individuels, se mobilisent davantage encore dans les conditions compliquées si particulières du confinement.

Empruntons cette mise au point initiale à Pascal Gascoin, chargé de mission éducation-numérique aux Ceméa, notre allié dans l’Éducation populaire :

La situation de confinement que nous traversons nous oblige à repenser, à inventer nos modes de communication, nos façons de travailler pour continuer, malgré tout, à mener à bien nos projets, nos activités tout en gardant le lien, avec les bénévoles et les équipes de nos organisations, nos élèves et les accompagner au mieux.

Aux CEMEA, nous sommes choqués de recevoir quasi quotidiennement dans nos boîtes mails de soi-disant « guides de survie numérique en période de confinement », provenant souvent de « start-ups associatives » qui nous proposent pêle-mêle des solutions payantes, d’autres gratuites, sans jamais faire référence à la façon dont seront traitées nos données, ni faire la différence entre le service “gratuit” d’une multinationale et celui volontairement éthique et fraternel d’une association.

Donc essayons de « dégoogliser le confinement ». Voici quelques-unes des initiatives récentes du numérique libre pour aider à franchir ensemble les semaines houleuses de la crise sanitaire.

Nous allons forcément en oublier, mais vous pouvez nous faire signe pour que nous puissions compléter et mettre à jour la liste ci-dessous.

C’est parti pour une recension rapide sans souci hiérarchique particulier.

C’est où/c’est ouvert ?

Sur ce site https://www.caresteouvert.fr vous pouvez savoir sur une carte (openStreetMap, la cartographie libre et collaborative qui fait la nique à googlemaps) quels sont les services « encore ouverts », ça peut être utile. Et c’est également collaboratif : signalez vous aussi les ouvertures/fermetures de lieux utiles en période de confinement.

Dépannons avec des panneaux

copie d’écran exemple d’affiche généréeLe site http://revolf.free.fr/local-pad-sign/# permet d’imprimer facilement des affiches et panneaux d’affichage avec des informations utiles pour vos voisins de balcon, de hall d’immeuble, de zone pavillonnaire, dans la rue sur le trajet du ravitaillement etc. Vous pourrez inclure automatiquement un QR code et l’adresse d’un pad dans votre affiche.

Enseignant⋅e⋅s dans l’urgence

logo de l’asso solidaire scenariL’association Scenari qui milite pour les usages de la chaîne éditoriale du même nom, vous propose une opération spéciale.
Que vous permet Scenari ? De pouvoir publier vos cours facilement avec une chaîne éditoriale : vous rédigez une seule fois pour publier sous de multiples formats, et vous n’aurez qu’un seul document à modifier /mettre à jour.
N’ayez pas peur de l’apprentissage d’un nouvel outil numérique, vous aurez l’appui et le soutien d’une personne de l’association : parrainage pour rédiger des cours, couplage avec Canoprof pour le primaire et le secondaire, parrainage d’apprentissage de la plate-forme. Accès offert à l’hébergement et à la mise en ligne des contenus que vous aurez produits (services en temps normal réservés aux adhérents de l’association)

 

logo des Zourits (pieuvre souriante)Des Zourits pour l’école
les CEMEA proposent l’accès gratuit à de nombreuses ressources libres pour l’école adresses mail, audioconférences avec jitsi, etc. mais aussi un accompagnement pour les enseignant⋅e⋅s etc. Tout cela est expliqué sur cette page.
2 plaquettes informatives et pour les contacter (liens directs vers .pdf) :
pour les écoles
pour les petites assos

Urgences numériques

Vous faites partie des acteurs locaux stratégiques : un support et dépannage numérique vous est proposé par un collectif de plus de 200 personnes bénévoles, professionnelles des technologies d’information, qui peuvent vous aider à faire face à vos urgences : pharmacies, cabinets médicaux, mairies, établissements scolaires, commerces d’alimentation, associations, indépendants. Vous pouvez donc demander de l’aide mais aussi participer pour en fournir à votre tour (c’est ça l’esprit Contributopia, hein)…

Le Big Boinc

Boinc, c’est le calcul collaboratif pour la recherche médicale, nous signale Tikayn. Votre ordinateur ou votre ordiphone s’ennuient avec leurs puissantes capacités généralement en sommeil ? Contribuez par leur puissance de calcul à la recherche médicale, comme le font déjà plus de 4 millions de personnes.

proposition sur Mastodon : contribuer avec vos appareils numériques à la recherche médicale

Github spécial Covid

Bastien recense sur ce Gthub les ressources libres et open source d’info et solidarité autour de la pandémie :

https://github.com/bzg/covid19-floss-initatives/blob/master/index.org

Insolite

Même les Balkany veulent contribuer ! (ah non zut ils ne sont pas libres)

Et du côté de Framasoft ?

  • La liste des instances Jitsi meet s’allonge de jour en jour, vous la trouverez ici avec tous les liens utiles, si vous cherchez à utiliser des conférences audio et visio qui ne vampirisent pas vos données.
  • Nous avons renforcé les capacités des serveurs et de l’infrastructure de Framatalk et Framapad qui peuvent donc à nouveau accueillir les besoins de communication des particuliers et associations qui doivent se joindre. Non, les enseignants qui souhaitent faire une visioconférence pour des classes de 35 ne sont pas les destinataires prioritaires de ces outils, pour des raisons compréhensibles de tenue de charge. Ces services peuvent être utilisés par des personnes qui, souvent, n’ont pas d’autres moyens (dont des malades isolé·es de leur famille). Prenez soin de ne pas monopoliser cette ressource afin qu’elle reste partagée.
  • https://rdv-medecins.framasoft.org/login est un outil libre de prise de rendez-vous médicaux à destination du personnel médical exclusivement. Vous avez un bout de serveur ? Vous pouvez héberger le même outil (Nextcloud + ses applications « rendez-vous » et « calendar ») pour le mettre à disposition de votre médecin. Et voilà la documentation utilisateur/trice !
  • Vous avez hélas ou tant mieux davantage de temps libre ? Profitez-en pour vous former en ligne aux arcanes du numérique : c’est parti pour Librecours Voir l’article du framablog qui vous explique tout. Les inscriptions sont ouvertes par ici

 

à suivre …

 

 

CORONAPERO Manchot émission 1 c’est pas con

donkluivert@yahoo.fr (Donkluivert et John Guecko)
, 27/03/2020 | Source : Apéro des papas manchots

Cliquez ici pour télécharger l’épisode.

Un épisode à écouter en entier si vous voulez comprendre le sens du titre de l’épisode.

Pour vous abonner à notre podcast, cliquez ici.

Apéro

Choulette

tongerlo

Rhum Kraken

http://lesbrasseursdelajonte.fr/

News

  • framapad dead

Geekage

le roaming international 

Un nouveau mario kart libre sous wii??

http://vieuxgeek.fr/mario-kart-wii-2/

Alim pc portable HS

gym virtuel

https://www.canalplus.com/c8/gym-direct

projet camping back in time 

https://www.facebook.com/Projet-camping-back-in-time-106385747613167/?__tn__=kC-R&eid=ARC9q7mWfRrJz5XJFbVYo6m8o0TqnA5Luc8OHVQZrsGPCNP3qk04RaIvURlCW6dkCHAzu59H5W6uvnb1&hc_ref=ARSe51wrPZqPT4Gos_EAfi_8XEuRyXNsThzVvRJjpmpBasGYFLQjCFuBXJRBPd3kSEU&__xts

Et on parle aussi d’un virus un peu moins drôle et présent en ce moment.

Vous avez une remarque une suggestion contactez nous:

par mail: donkluivert@yahoo.fr

twitter: https://twitter.com/Donkluivert

facebook: https://www.facebook.com/aperodespapasmanchots/

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où nous laisser un commentaire sur le site.

 

À vous qui survivrez au coronavirus

Thierry Crouzet
, 27/03/2020 | Source : Thierry Crouzet

Politique #263 | Sommaire | Lire en ligne

Je me pose une question, une question qui heureusement ne m’encombre pas trop d’habitude, mais qui s’impose avec le confinement. Qu’écrire qui ne sera pas périmé demain, ou la semaine prochaine ou même l’année prochaine ? Qu’écrire pour parler à mes enfants quand ils auront mon âge, à leurs enfants, qu’écrire pour l’avenir ? Quel message lui adresser ?

Je devrais me fixer cet objectif : vivre le confinement avec l’obsession de me tendre vers lui, vers son exceptionnel, à m’attacher à décrire ce qu’il provoque en moi. Et tout de suite, je découvre une boule énorme, qui grossit de jour en jour, la colère, colère contre le gouvernement, contre ses mauvaises décisions, ses mensonges, colère provoquée par la dérive autoritaire, perceptible jusque dans les rues de mon village où on nous interdit de traverser les espaces verts, où on réduit nos libertés aux surfaces bétonnées et asphaltées, où la folie d’interdite s’est emparées des officiels sans plus aucune justification médicale.

Je ne vois plus qu’un penchant, déjà là depuis longtemps, mais auquel la pandémie ouvre les portes, un penchant qui a déjà ravagé le monde, que nous sentions remonter à la surface et qui éclate au grand jour, le penchant d’imposer plutôt que d’éduquer, d’ordonner ce qui doit être fait plutôt que de nous faire confiance et ne nous supposer responsables et intelligents.

Je me sens nié à chaque seconde, mon intelligence rabaissée par des gens dont je perçois la bêtise, et ma colère gonfle, peut-être parce que je ne suis pas assez intelligent pour passer outre, pour accepter, mais je ne peux pas accepter des décisions qui me paraissent pires que le mal, qui ne pondèrent pas risques versus bénéfices, qui ne voient que les risques, qui n’envisagent que la réduction des libertés comme seul horizon, en faisant dès lors une priorité.

Nous ne sommes pas en dictature, mais je ne me suis jamais autant senti en dictature. Je la devine, rampante, à l’affût, séduisante pour beaucoup d’amoureux des solutions simplistes, et bien sûr inadaptées dans un monde complexe, à moins qu’ils ne souhaitent le simplifier, le ramener à une logique cartésienne et déterministe. N’est-ce pas un rêve partagé par beaucoup ? Je le lis, le renifle, il transpire, et ma colère provient de ma peur, elle est peut-être un réflexe de survie, lié à un sentiment d’impuissance.

Il ne me reste que les mots. Alors je dis, ça me soulage, mais sans grand effet, parce que les mots ont fini d’être contagieux, ou est-ce un défaut des miens ? Ou peut-être leur qualité. Parce que s’ils étaient contagieux, ils se propageraient comme la violence, comme la peste brune qui accompagne la peste virale, stimulée par elle, portée par elle.

Nous n’avons pas besoin de grands discours solennels, mais de voix qui chuchotent à nos oreilles, pour que nous puissions chuchoter à notre tour. La peste brune utilise des mégaphones, nous autres ses adversaires plantons des graines.

Est-ce cela que je veux que mes enfants retiennent ? Je plante des graines et attends qu’elles poussent. Et tous les jours, je recommence, pendant que les bûcherons débitent des forêts entières, mais prendre les armes contre eux ne me paraît pas concevable, se serait entrer dans leur jeu, mon opposition ne peut qu’être dans le murmure, que dans l’éducation, que dans la conscientisation.

Je ne suis qu’un chuchoteur. Je crois au pouvoir du murmure. Je crois aux histoires que mes parents me racontaient le soir quand j’étais enfant, je crois aux histoires que je lis dans les romans, je crois à la légende humaine. Ma colère s’apaise quand je pense à ce que je suis. Et c’est nécessaire, sinon je bascule dans la logique de mes adversaires, et ils gagnent la partie, alors je dois continuer mes murmures, ils sont ma ligne de vie, les conditions de ma survie, et peut-être celle d’un idéal humain que certains voudraient saccager au nom de la sécurité, mais pas tant physique que mentale, parce que la peur est dans le cœur des bruyants, et la colère aussi, et elle y est plus explosive, plus incontrôlée, au bord de la panique qui prive de discernement.

Déjà ils ont peur d’avoir mal fait, ou pas assez, alors ils redoublent de zèle et ajoutent des mesures à des mesures, restreignent de plus en plus nos libertés, et ne se trouvent tranquilles qu’une fois qu’ils nous ont cadenassés, persuadés d’avoir régler le problème, persuadés qu’on ne leur coupera pas la tête plus tard pour leurs manquements, comme si nous pouvions oublier les erreurs et les mensonges, comme si nous pouvions accepter l’idée que tous les moyens sont bons pour arriver à une solution, comme s’ils pouvaient nous faire croire que leur histoire est la seule histoire possible.

Nous nous souvenons des murmures de notre enfance, des murmures des romans que nous lisons toujours, il n’y a pas une histoire, mais des millions, des milliards, et autant de milliards qui n’ont pas encore été écrites, alors vous ne nous embobinerez pas avec votre version. Nous continuerons à murmurer. Après, si après existe tant il me paraît encore impensable, j’espère que vous admettrez vos erreurs, vos débordements, que nous serons tous capables de le faire. Il ne s’agira pas de passer à la suite sans une mise à plat, parce qu’alors la prochaine fois la facture sera plus lourde, le ressentiment plus vif et le pouvoir des murmures insuffisant pour maintenir la paix.