A Gaza, « on voit la peur dans les yeux des enfants »

Les bombardements israéliens ont fait jusqu'à présent 144 morts et 1200 blessés.

Dans cette nouvelle guerre entre Israël et les Palestiniens, nul ne sait quel sera le dénouement. Islam Idhair, un Palestinien de la bande de Gaza qui a travaillé pour de nombreux médias, témoigne pour Reflets de la situation dans l'enclave palestinienne sous les bombes.

L'immeuble qui accueillait la presse à Gaza, bombardé par l'armée - © Islam Idhair

«C'est fou ce qui se passe ici en ce moment, raconte Islam Idhair. C'est la cinquième tour de Gaza qui a été détruite hier. J'étais près de cet immeuble qui abrite les bureaux de l'agence Associated Press et de la télé Al-JAzira. Le propriétaire a reçu un coup de téléphone de l'armée israélienne : vous avez une heure pour évacuer avant que nous le bombardions. Au bout d'une heure, il y a eu une première frappe de drone contre l'immeuble pour faire fuir les gens. Et puis 10 minutes après trois bombes ont touché le bâtiment. Il n'y a pas eu de morts, juste quelques blessés plus loin blessé par des éclats.»

Al Jazeera a publié sur son compte twitter une vidéo de ses journalistes récupérant du matériel juste avant le bombardement, après avoir été prévenus :

Islam Idhair qui a travaillé pour plusieurs médias comme « fixeur », une personne chargée dans le jargon journalistique de préparer les reportages et de traduire les conversations, dénonce une volonté d'Israël de menacer les médias. « Les Israéliens interdisent aux journalistes étrangers d'entrer dans la bande de Gaza. Ils cherchent à aveugler la vérité, à ce que les images ne sortent pas d'ici. »

L'immeuble des médias après le bombardement - © Islam Idhair
L'immeuble des médias après le bombardement - Islam Idhair

Autre vue de l'immeuble après le bombardement - © Islam Idhair
Autre vue de l'immeuble après le bombardement - Islam Idhair

Guerre de l'information sur Twitter
Guerre de l'information sur Twitter

Islam Idhair décrit la tension qui règne dans l'enclave : « Souvent les bombardements commencent après minuit....

Club Nipédu #11 INCLUSIF•IVE ? [PASSION ÉDUCATION]

nipedu@nipcast.com (Régis Forgione, Fabien Hobart, Jean-Philippe Maitre)
, 16/05/2021 | Source : Nipédu

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Le Club Nipédu, c’est tous les lundi sur Twitter Spaces à l’heure du goûter (17h30) pour parler ensemble Éducation, Productivité et Numérique.

Room du lundi 10 mai 2021

LA SYNTHÈSE

Bien que jugée très éloignée des préoccupations des membres de la communauté éducative, la circulaire relative aux règles de féminisation a déchaîné les passions. Un sujet calibré pour ce premier space (espace) du Club Nipédu sur Twitter façon [PASSION ÉDUCATION].

« Si je comprends bien, après la tenue républicaine, il y a maintenant l’écriture républicaine ? »

Sunny O. étudiant en Licence.

Entre difficultés structurelles et conjoncturelles, comment expliquer les échanges passionnés autour de la mise au ban de certaines pratiques dites de l’écriture inclusive par la récente circulaire du 5 mai 2021 ? 

Un OVNI orthographique

Si l’on écoute les témoignages des collègues, le point médian et les « autres règles relevant de l’écriture inclusive » sont des OVNI orthographiques et typographiques pour tous les enseignants et les enseignantes avec qui la question a été évoquée, a fortiori les collègues de l’école primaire.

Au-delà du caractère inédit du point médian dans la typographie française, la circulaire, dénonce la dimension « brutale, arbitraire et non concertée » de certaines règles d’accord de l’écriture inclusive : « En outre, cette écriture, qui se traduit par la fragmentation des mots et des accords, constitue un obstacle à la lecture et à la compréhension de l’écrit ». Que dire dès lors d’autres phénomènes orthographiques aussi abscons qu’impénétrables comme l’accord du participe passé de certains verbes pronominaux ?

Si, à date, les collègues ne semblent avoir ni le loisir, ni l’intrépidité suffisante pour introduire le point médian et autres accords de proximité, si la technicité des règles grammaticales rend peu probable le fait que des enseignantes et des enseignants se lancent dans les chemins non balisés de l’écriture inclusive, alors quelle est l’intention d’une telle circulaire ? Préventive ? Idéologique ? Et si derrière la polémique, la circulaire du 5 mai 2021 offrait simplement un cadre raisonnable pour la féminisation de l’écriture ?

À l’origine du vacarme

Deux éléments de cette circulaire semblent avoir été à l’origine du vacarme. La pénalisation des élèves présentant des troubles spécifiques des apprentissages et le contexte de tension et de lassitude dans lequel est venue s’inscrire la publication. 

Dans le premier cas, on peut, à juste titre, se questionner sur la mention à deux reprises des publics à besoin spécifique et d’un argument que l’on peut trouver un tant soi peu culpabilisant. S’agissant de « l’écran de fumée » que dénonçait une publication syndicale, il semble tout aussi entendable d’inviter les autorités à rester mobilisées sur les nombreux points de tension que connaît l’École que d’envisager de poursuivre l’adaptation à bas bruit de l’institution scolaire à toutes les évolutions de la société.

Un cadre raisonné et raisonnable

Hormis ces deux aspects du texte, les éléments scientifiques, techniques et idéologiques mis en avant dans cette circulaire en font un texte plus prescriptif que « proscriptif« . Un cadre raisonnable, qui semble tenir compte à la fois des exigences d’une société engagée dans la nécessaire marche de l’inclusion et de l’existant en matière d’usages administratifs et de pratiques d’enseignement.

Pour en juger, on pourra aller jeter un œil sur les recommandations de Sophie Maziane dans un excellent article mis en ligne le 12 janvier 2021 sur son blog Relire et corriger  : L’écriture inclusive sans points médians, c’est facile : 6 autres solutions. Un excellent outil pour prendre et donner de bonnes habitudes scripturales en matière de féminisation des pratiques d’écriture.

Les références

C’EST PAS FINI

Envie de prolonger les échanges discussion ? Partagez-nous vos remarques et commentaires sur Twitter @Nipedu ou via la balise #ClubNipédu et rejoignez-nous tous les lundis à 17h30 sur Twitter Spaces !

À écouter NIPÉDU 128 : FORMATION BUISSONNIÈRE ET [CO]-DELÀ

Réflexion – Pour la fin des rustines informatiques

Iceman
, 16/05/2021 | Source : chez Iceman

Le monde de l’informatique a évolué tant qu’aujourd’hui, il est largement constitué de rustines appelés surcouches, correctifs, etc… Elles sont à tous niveaux entre les dépendances de plus en plus nombreuses pour des environnements similaires, dans les OS, entre les langages, les sous-langages, entre les protocoles et leurs surcouches de protocoles. Cela devient un grand… Lire la suite Réflexion – Pour la fin des rustines informatiques

Manifestation de soutien aux Palestiniens le 15 mai 2021 à Paris

Quelques centaines de manifestants, des milliers de policiers...

Le dispositif était totalement surdimensionné. Quel but recherchait l'exécutif ?

Métro Barbès, le lieu de rendez-vous où rien ne se passera faute de pouvoir créer un cortège - © Reflets

Sans doute moins de 1000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, en dépit de l'interdiction décidée par le préfet, pour soutenir les Palestiniens. Un nombre démesuré de forces de l'ordre (4.200 selon Gerald Darmanin) a scindé les manifestants avant même qu'un cortège ne se forme. Quelques groupes de 10 à un peu plus d'une centaine de personnes se sont déplacés dans le quartier de Barbès sans pouvoir à aucun moment former une manifestation. Les gaz et les canons à eau ont dispersé tout le monde pendant quelques heures, les BRAV-M venues en renfort ont soudain "interpelé" des gamins alors qu'il n'y avait pas de troubles particuliers. Ces interpellations seront sans doute mises sur le compte de l'interdiction de manifester.

Il n'y avait probablement pas eu autant de forces de l'ordre dans les rues de Paris depuis la manifestation qui avait suivi les dégradations de l'Arc de triomphe pendant la période gilets jaunes. Il ne manquait que les blindés de la gendarmeries sortis à l'époque pour impressionner les foules.

L'exécutif a visiblement souhaité instrumentaliser la peur. Valeurs Actuelles qui tweetait depuis Barbès, a vu des "pro-palestiniens" qui défilaient "dans les rues de #Paris aux cris de "Allah akbar"". Daesh à nos portes en quelque sorte ? Gerald Darmanin avait donné le ton la veille en annonçant qu'il refusait - avant que quoi que soit se soit passé façon Minotity...

Les médias sociaux ne sont pas des espaces démocratiques

Framatophe
, 15/05/2021 | Source : Framablog

On peut rêver d’une solution technologique ou juridique pour limiter ou interdire l’utilisation d’un logiciel à des groupes ou personnes qui ne partagent pas les valeurs auxquelles on tient ou pire veulent les détruire.
L’entreprise est bien plus délicate qu’il n’y paraît, y compris pour les réseaux alternatifs décentralisés (ou plutôt acentrés) qu’on regroupe sous le terme de Fediverse. Il ne suffit pas en effet de dire que chaque instance décide de ses propres règles pour se débarrasser des difficultés.

Dans l’article qui suit, Christophe Masutti prend acte de la fin d’une illusion : l’idéal d’un grand espace de communication démocratique, égalitaire et ouvert à tous n’existe pas plus avec les Gafam qu’avec le Fediverse et ses réseaux alternatifs.

Face aux grandes plateformes centralisées de médias sociaux qui ne recherchent nullement à diffuser ou promouvoir le débat démocratique éclairé comme elles le prétendent mais à monétiser le spectacle d’un pseudo-débat, nous sommes confrontées au grand fourre-tout où distinguer le pire du meilleur renvoie chacun à une tâche colossale et indéfiniment renouvelée.

Cependant ce qui change la donne avec le Fediverse, c’est que la question de la fermeture à d’autres ne prend en compte ni le profit ni le facteur nombre : les instances sans objectif lucratif ont leurs qualités et leurs défauts propres, qu’elles aient deux ou deux cent mille utilisatrices. Et selon Christophe, les rapports entre les instances restent à écrire, à la manière dont les rapports variables entre les habitants d’un quartier déterminent leurs rapports individuels et collectifs…

Les médias sociaux ne sont pas des espaces démocratiques

par Christophe Masutti

Lors d’une récente interview avec deux autres framasoftiennes à propos du Fediverse et des réseaux sociaux dits « alternatifs », une question nous fut posée :

dans la mesure où les instances de service de micro-blogging (type Mastodon) ou de vidéo (comme Peertube) peuvent afficher des « lignes éditoriales » très différentes les unes des autres, comment gérer la modération en choisissant de se fédérer ou non avec une instance peuplée de fachos ou comment se comporter vis-à-vis d’une instance communautaire et exclusive qui choisit délibérément de ne pas être fédérée ou très peu ?

De manière assez libérale et pour peu que les conditions d’utilisation du service soient clairement définies dans chaque instance, on peut répondre simplement que la modération demande plus ou moins de travail, que chaque instance est tout à fait libre d’adopter sa propre politique éditoriale, et qu’il s’agit de choix individuels (ceux du propriétaire du serveur qui héberge l’instance) autant que de choix collectifs (si l’hébergeur entretient des relations diplomatiques avec les membres de son instance). C’est une évidence.

La difficulté consistait plutôt à expliquer pourquoi, dans la conception même des logiciels (Mastodon ou Peertube, en l’occurrence) ou dans les clauses de la licence d’utilisation, il n’y a pas de moyen mis en place par l’éditeur du logiciel (Framasoft pour Peertube, par exemple) afin de limiter cette possibilité d’enfermement de communautés d’utilisateurs dans de grandes bulles de filtres en particulier si elles tombent dans l’illégalité. Est-il légitime de faire circuler un logiciel qui permet à ♯lesgens de se réunir et d’échanger dans un entre-soi homogène tout en prétendant que le Fediverse est un dispositif d’ouverture et d’accès égalitaire ?

Une autre façon de poser la question pourrait être la suivante : comment est-il possible qu’un logiciel libre puisse permettre à des fachos d’ouvrir leurs propres instance de microblogging en déversant impunément sur le réseau leurs flots de haine et de frustrations ?1

Bien sûr nous avons répondu à ces questions, mais à mon avis de manière trop vague. C’est qu’en réalité, il y a plusieurs niveaux de compréhension que je vais tâcher de décrire ici.

Il y a trois aspects :

  1. l’éthique du logiciel libre n’inclut pas la destination morale des logiciels libres, tant que la loyauté des usages est respectée, et la première clause des 4 libertés du logiciel libre implique la liberté d’usage : sélectionner les utilisateurs finaux en fonction de leurs orientations politique, sexuelles, etc. contrevient fondamentalement à cette clause…
  2. … mais du point de vue technique, on peut en discuter car la conception du logiciel pourrait permettre de repousser ces limites éthiques2,
  3. et la responsabilité juridique des hébergeurs implique que ces instances fachos sont de toute façon contraintes par l’arsenal juridique adapté ; ce à quoi on pourra toujours rétorquer que cela n’empêche pas les fachos de se réunir dans une cave (mieux : un local poubelle) à l’abri des regards.

Mais est-ce suffisant ? se réfugier derrière une prétendue neutralité de la technique (qui n’est jamais neutre), les limites éthiques ou la loi, ce n’est pas une bonne solution. Il faut se poser la question : que fait-on concrètement non pour interdire certains usages du Fediverse, mais pour en limiter l’impact social négatif ?

La principale réponse, c’est que le modèle économique du Fediverse ne repose pas sur la valorisation lucrative des données, et que se détacher des modèles centralisés implique une remise en question de ce que sont les « réseaux » sociaux. La vocation d’un dispositif technologique comme le Fediverse n’est pas d’éliminer les pensées fascistes et leur expression, pas plus que la vocation des plateformes Twitter et Facebook n’est de diffuser des modèles démocratiques, malgré leur prétention à cet objectif. La démocratie, les échanges d’idées, et de manière générale les interactions sociales ne se décrètent pas par des modèles technologiques, pas plus qu’elles ne s’y résument.

Prétendre le contraire serait les restreindre à des modèles et des choix imposés (et on voit bien que la technique ne peut être neutre). Si Facebook, Twitter et consorts ont la prétention d’être les gardiens de la liberté d’expression, c’est bien davantage pour exploiter les données personnelles à des fins lucratives que pour mettre en place un débat démocratique.

 

Exit le vieux rêve du global village ? En fait, cette vieille idée de Marshall McLuhan ne correspond pas à ce que la plupart des gens en ont retenu. En 1978, lorsque Murray Turoff et Roxanne Hiltz publient The Network Nation, ils conceptualisent vraiment ce qu’on entend par « Communication médiée par ordinateur » : échanges de contenus (volumes et vitesse), communication sociale-émotionnelle (les émoticônes), réduction des distances et isolement, communication synchrone et asynchrone, retombées scientifiques, usages domestiques de la communication en ligne, etc. Récompensés en 1994 par l’EFF Pioneer Award, Murray Turoff et Roxanne Hiltz sont aujourd’hui considérés comme les « parents » des systèmes de forums et de chat massivement utilisés aujourd’hui. Ce qu’on a retenu de leurs travaux, et par la suite des nombreuses applications, c’est que l’avenir du débat démocratique, des processus de décision collective (M. Turoff travaillait pour des institutions publiques) ou de la recherche de consensus, reposent pour l’essentiel sur les technologies de communication. C’est vrai en un sens, mais M. Turoff mettait en garde3 :

Dans la mesure où les communications humaines sont le mécanisme par lequel les valeurs sont transmises, tout changement significatif dans la technologie de cette communication est susceptible de permettre ou même de générer des changements de valeur.

Communiquer avec des ordinateurs, bâtir un système informatisé de communication sociale-émotionnelle ne change pas seulement l’organisation sociale, mais dans la mesure où l’ordinateur se fait de plus en plus le support exclusif des communications (et les prédictions de Turoff s’avéreront très exactes), la communication en réseau fini par déterminer nos valeurs.

Aujourd’hui, communiquer dans un espace unique globalisé, centralisé et ouvert à tous les vents signifie que nous devons nous protéger individuellement contre les atteintes morales et psychiques de celleux qui s’immiscent dans nos échanges. Cela signifie que nos écrits puissent être utilisés et instrumentalisés plus tard à des fins non souhaitées. Cela signifie qu’au lieu du consensus et du débat démocratique nous avons en réalité affaire à des séries de buzz et des cancans. Cela signifie une mise en concurrence farouche entre des contenus discursifs de qualité et de légitimités inégales mais prétendument équivalents, entre une casserole qui braille La donna è mobile et la version Pavarotti, entre une conférence du Collège de France et un historien révisionniste amateur dans sa cuisine, entre des contenus journalistiques et des fake news, entre des débats argumentés et des plateaux-télé nauséabonds.

Tout cela ne relève en aucun cas du consensus et encore moins du débat, mais de l’annulation des chaînes de valeurs (quelles qu’elles soient) au profit d’une mise en concurrence de contenus à des fins lucratives et de captation de l’attention. Le village global est devenu une poubelle globale, et ce n’est pas brillant.


Là où les médias sociaux centralisés impliquaient une ouverture en faveur d’une croissance lucrative du nombre d’utilisateurs, le Fediverse se fout royalement de ce nombre, pourvu qu’il puisse mettre en place des chaînes de confiance.


Dans cette perspective, le Fediverse cherche à inverser la tendance. Non par la technologie (le protocole ActivityPub ou autre), mais par le fait qu’il incite à réfléchir sur la manière dont nous voulons conduire nos débats et donc faire circuler l’information.

On pourrait aussi bien affirmer qu’il est normal de se voir fermer les portes (ou du moins être exclu de fait) d’une instance féministe si on est soi-même un homme, ou d’une instance syndicaliste si on est un patron, ou encore d’une instance d’un parti politique si on est d’un autre parti. C’est un comportement tout à fait normal et éminemment social de faire partie d’un groupe d’affinités, avec ses expériences communes, pour parler de ce qui nous regroupe, d’actions, de stratégies ou simplement un partage d’expériences et de subjectivités, sans que ceux qui n’ont pas les mêmes affinités ou subjectivités puissent s’y joindre. De manière ponctuelle on peut se réunir à l’exclusion d’autre groupes, pour en sortir à titre individuel et rejoindre d’autre groupes encore, plus ouverts, tout comme on peut alterner entre l’intimité d’un salon et un hall de gare.

Dans ce texte paru sur le Framablog, A. Mansoux et R. R. Abbing montrent que le Fediverse est une critique de l’ouverture. Ils ont raison. Là où les médias sociaux centralisés impliquaient une ouverture en faveur d’une croissance lucrative du nombre d’utilisateurs, le Fediverse se fout royalement de ce nombre, pourvu qu’il puisse mettre en place des chaînes de confiance.

Un premier mouvement d’approche consiste à se débarrasser d’une conception complètement biaisée d’Internet qui fait passer cet ensemble de réseaux pour une sorte de substrat technique sur lequel poussent des services ouverts aux publics de manière égalitaire. Évidemment ce n’est pas le cas, et surtout parce que les réseaux ne se ressemblent pas, certains sont privés et chiffrés (surtout dans les milieux professionnels), d’autres restreints, d’autres plus ouverts ou complètement ouverts. Tous dépendent de protocoles bien différents. Et concernant les médias sociaux, il n’y a aucune raison pour qu’une solution technique soit conçue pour empêcher la première forme de modération, à savoir le choix des utilisateurs. Dans la mesure où c’est le propriétaire de l’instance (du serveur) qui reste in fine responsable des contenus, il est bien normal qu’il puisse maîtriser l’effort de modération qui lui incombe. Depuis les années 1980 et les groupes usenet, les réseaux sociaux se sont toujours définis selon des groupes d’affinités et des règles de modération clairement énoncées.

À l’inverse, avec des conditions générales d’utilisation le plus souvent obscures ou déloyales, les services centralisés tels Twitter, Youtube ou Facebook ont un modèle économique tel qu’il leur est nécessaire de drainer un maximum d’utilisateurs. En déléguant le choix de filtrage à chaque utilisateur, ces médias sociaux ont proposé une représentation faussée de leurs services :

  1. Faire croire que c’est à chaque utilisateur de choisir les contenus qu’il veut voir alors que le système repose sur l’économie de l’attention et donc sur la multiplication de contenus marchands (la publicité) et la mise en concurrence de contenus censés capter l’attention. Ces contenus sont ceux qui totalisent plus ou moins d’audience selon les orientations initiales de l’utilisateur. Ainsi on se voit proposer des contenus qui ne correspondent pas forcément à nos goûts mais qui captent notre attention parce de leur nature attrayante ou choquante provoquent des émotions.
  2. Faire croire qu’ils sont des espaces démocratiques. Ils réduisent la démocratie à la seule idée d’expression libre de chacun (lorsque Trump s’est fait virer de Facebook les politiques se sont sentis outragés… comme si Facebook était un espace public, alors qu’il s’agit d’une entreprise privée).

Les médias sociaux mainstream sont tout sauf des espaces où serait censée s’exercer la démocratie bien qu’ils aient été considérés comme tels, dans une sorte de confusion entre le brouhaha débridé des contenus et la liberté d’expression. Lors du « printemps arabe » de 2010, par exemple, on peut dire que les révoltes ont beaucoup reposé sur la capacité des réseaux sociaux à faire circuler l’information. Mais il a suffi aux gouvernements de censurer les accès à ces services centralisés pour brider les révolutions. Ils se servent encore aujourd’hui de cette censure pour mener des négociations diplomatiques qui tantôt cherchent à attirer l’attention pour obtenir des avantages auprès des puissances hégémoniques tout en prenant la « démocratie » en otage, et tantôt obligent les GAFAM à se plier à la censure tout en facilitant la répression. La collaboration est le sport collectif des GAFAM. En Turquie, Amnesty International s’en inquiète et les exemples concrets ne manquent pas comme au Vietnam récemment.

Si les médias sociaux comme Twitter et Facebook sont devenus des leviers politiques, c’est justement parce qu’ils se sont présentés comme des supports technologiques à la démocratie. Car tout dépend aussi de ce qu’on entend par « démocratie ». Un mot largement privé de son sens initial comme le montre si bien F. Dupuis-Déri4. Toujours est-il que, de manière très réductrice, on tient pour acquis qu’une démocratie s’exerce selon deux conditions : que l’information circule et que le débat public soit possible.

Même en réduisant la démocratie au schéma techno-structurel que lui imposent les acteurs hégémoniques des médias sociaux, la question est de savoir s’il permettent la conjonction de ces conditions. La réponse est non. Ce n’est pas leur raison d’être.

Alors qu’Internet et le Web ont été élaborés au départ pour être des dispositifs égalitaires en émission et réception de pair à pair, la centralisation des accès soumet l’émission aux conditions de l’hébergeur du service. Là où ce dernier pourrait se contenter d’un modèle marchand basique consistant à faire payer l’accès et relayer à l’aveugle les contenus (ce que fait La Poste, encadrée par la loi sur les postes et télécommunications), la salubrité et la fiabilité du service sont fragilisés par la responsabilisation de l’hébergeur par rapport à ces contenus et la nécessité pour l’hébergeur à adopter un modèle économique de rentabilité qui repose sur la captation des données des utilisateurs à des fins de marketing pour prétendre à une prétendue gratuité du service5. Cela implique que les contenus échangés ne sont et ne seront jamais indépendants de toute forme de censure unilatéralement décidée (quoi qu’en pensent les politiques qui entendent légiférer sur l’emploi des dispositifs qui relèveront toujours de la propriété privée), et jamais indépendants des impératifs financiers qui justifient l’économie de surveillance, les atteintes à notre vie privée et le formatage comportemental qui en découlent.

Paradoxalement, le rêve d’un espace public ouvert est tout aussi inatteignable pour les médias sociaux dits « alternatifs », où pour des raisons de responsabilité légale et de choix de politique éditoriale, chaque instance met en place des règles de modération qui pourront toujours être considérées par les utilisateurs comme abusives ou au moins discutables. La différence, c’est que sur des réseaux comme le Fediverse (ou les instances usenet qui reposent sur NNTP), le modèle économique n’est pas celui de l’exploitation lucrative des données et n’enferme pas l’utilisateur sur une instance en particulier. Il est aussi possible d’ouvrir sa propre instance à soi, être le seul utilisateur, et néanmoins se fédérer avec les autres.

De même sur chaque instance, les règles d’usage pourraient être discutées à tout moment entre les utilisateurs et les responsables de l’instance, de manière à créer des consensus. En somme, le Fediverse permet le débat, même s’il est restreint à une communauté d’utilisateurs, là où la centralisation ne fait qu’imposer un état de fait tout en tâchant d’y soumettre le plus grand nombre. Mais dans un pays comme le Vietnam où l’essentiel du trafic Internet passe par Facebook, les utilisateurs ont-ils vraiment le choix ?

Ce sont bien la centralisation et l’exploitation des données qui font des réseaux sociaux comme Facebook, YouTube et Twitter des instruments extrêmement sensibles à la censure d’État, au service des gouvernements totalitaires, et parties prenantes du fascisme néolibéral.

L’affaire Cambridge Analytica a bien montré combien le débat démocratique sur les médias sociaux relève de l’imaginaire, au contraire fortement soumis aux effets de fragmentation discursive. Avant de nous demander quelles idéologies elles permettent de véhiculer nous devons interroger l’idéologie des GAFAM. Ce que je soutiens, c’est que la structure même des services des GAFAM ne permet de véhiculer vers les masses que des idéologies qui correspondent à leurs modèles économiques, c’est-à-dire compatibles avec le profit néolibéral.

En reprenant des méthodes d’analyse des années 1970-80, le marketing psychographique et la socio-démographie6, Cambridge Analytica illustre parfaitement les trente dernières années de perfectionnement de l’analyse des données comportementales des individus en utilisant le big data. Ce qui intéresse le marketing, ce ne sont plus les causes, les déterminants des choix des individus, mais la possibilité de prédire ces choix, peu importent les causes. La différence, c’est que lorsqu’on applique ces principes, on segmente la population par stéréotypage dont la granularité est d’autant plus fine que vous disposez d’un maximum de données. Si vous voulez influencer une décision, dans un milieu où il est possible à la fois de pomper des données et d’en injecter (dans les médias sociaux, donc), il suffit de voir quels sont les paramètres à changer. À l’échelle de millions d’individus, changer le cours d’une élection présidentielle devient tout à fait possible derrière un écran.

Trump at hospital - Public domain. Source : White House

C’est la raison pour laquelle les politiques du moment ont surréagi face au bannissement de Trump des plateformes comme Twitter et Facebook (voir ici ou ). Si ces plateformes ont le pouvoir de faire taire le président des États-Unis, c’est que leur capacité de caisse de résonance accrédite l’idée qu’elles sont les principaux espaces médiatiques réellement utiles aux démarches électoralistes. En effet, nulle part ailleurs il n’est possible de s’adresser en masse, simultanément et de manière segmentée (ciblée) aux populations. Ce faisant, le discours politique ne s’adresse plus à des groupes d’affinité (un parti parle à ses sympathisants), il ne cherche pas le consensus dans un espace censé servir d’agora géante où aurait lieu le débat public. Rien de tout cela. Le discours politique s’adresse désormais et en permanence à chaque segment électoral de manière assez fragmentée pour que chacun puisse y trouver ce qu’il désire, orienter et conforter ses choix en fonction de ce que les algorithmes qui scandent les contenus pourront présenter (ou pas). Dans cette dynamique, seul un trumpisme ultra-libéral pourra triompher, nulle place pour un débat démocratique, seules triomphent les polémiques, la démagogie réactionnaire et ce que les gauches ont tant de mal à identifier7 : le fascisme.

Face à cela, et sans préjuger de ce qu’il deviendra, le Fediverse propose une porte de sortie sans toutefois remettre au goût du jour les vieilles représentations du village global. J’aime à le voir comme une multiplication d’espaces (d’instances) plus où moins clos (ou plus ou moins ouverts, c’est selon) mais fortement identifiés et qui s’affirment les uns par rapport aux autres, dans leurs différences ou leurs ressemblances, en somme dans leurs diversités.

C’est justement cette diversité qui est à la base du débat et de la recherche de consensus, mais sans en constituer l’alpha et l’oméga. Les instances du Fediverse, sont des espaces communs d’immeubles qui communiquent entre eux, ou pas, ni plus ni moins. Ils sont des lieux où l’on se regroupe et où peuvent se bâtir des collectifs éphémères ou non. Ils sont les supports utilitaires où des pratiques d’interlocution non-concurrentielles peuvent s’accomplir et s’inventer : microblog, blog, organiseur d’événement, partage de vidéo, partage de contenus audio, et toute application dont l’objectif consiste à outiller la liberté d’expression et non la remplacer.

Angélisme ? Peut-être. En tout cas, c’est ma manière de voir le Fediverse aujourd’hui. L’avenir nous dira ce que les utilisateurs en feront.

 

 


  1. On peut se référer au passage de la plateforme suprémaciste Gab aux réseaux du Fediverse, mais qui finalement fut bloquée par la plupart des instances du réseau.
  2. Par exemple, sans remplacer les outils de modération par du machine learning plus ou moins efficace, on peut rendre visible davantage les procédures de reports de contenus haineux, mais à condition d’avoir une équipe de modérateurs prête à réceptionner le flux : les limites deviennent humaines.
  3. Turoff, Murray, and Starr Roxane Hiltz. 1994. The Network Nation : Human Communication via Computer. Cambridge : MIT Press, p. 401.
  4. Dupuis-Déri, Francis. Démocratie, histoire politique d’un mot : aux États-Unis et en France. Montréal (Québec), Canada : Lux, 2013.
  5. Et même si le service était payant, l’adhésion supposerait un consentement autrement plus poussé à l’exploitation des données personnelles sous prétexte d’une qualité de service et d’un meilleur ciblage marketing ou de propagande. Pire encore s’il disposait d’une offre premium ou de niveaux d’abonnements qui segmenteraient encore davantage les utilisateurs.
  6. J’en parlerai dans un article à venir au sujet du courtage de données et de la société Acxiom.
  7. …pas faute d’en connaître les symptômes depuis longtemps. Comme ce texte de Jacques Ellul paru dans la revue Esprit en 1937, intitulé « Le fascisme fils du libéralisme », dont voici un extrait : « [Le fascisme] s’adresse au sentiment et non à l’intelligence, il n’est pas un effort vers un ordre réel mais vers un ordre fictif de la réalité. Il est précédé par tout un courant de tendances vers le fascisme : dans tous les pays nous retrouvons ces mesures de police et de violence, ce désir de restreindre les droits du parlement au profit du gouvernement, décrets-lois et pleins pouvoirs, affolement systématique obtenu par une lente pression des journaux sur la mentalité courante, attaques contre tout ce qui est pensée dissidente et expression de cette pensée, limitation de liberté de parole et de droit de réunion, restriction du droit de grève et de manifester, etc. Toutes ces mesures de fait constituent déjà le fascisme. ».

Les monopoles du livre, les alternatives et le futur

Ploum
, 15/05/2021 | Source : ploum.net

Ou les tribulations d’un auteur bibliophile qui souhaite faire du commerce local de proximité en payant en cryptomonnaies.

Dans ce billet, je vous raconte ma vie de bibliophile, je râle un peu sur les monopoles du monde du livre, je pleure sur la disparition programmée d’un bouquiniste local, je fais la promotion d’Alternalivre, nouvelle plateforme de vente de livres peu ou mal distribués et je vous parle de Print@Home, concept futuriste du livre « téléchargé et imprimé à la maison ». À la fin du billet, vous aurez l’opportunité de commander des livres de mon éditeur pour le tiers ou la moitié du prix normal, selon le cours du Bitcoin. Qu’est-ce que le Bitcoin vient faire dans tout ça ? Mystère !

On entend souvent qu’Amazon ou Facebook ne sont pas des monopoles, car nous ne sommes pas forcés de les utiliser. Après tout, tout le monde peut commander ailleurs que sur Amazon et supprimer son compte Facebook.

Que ce soit clair : si nous étions forcés d’utiliser Amazon ou Facebook, ce ne seraient plus des monopoles, mais des dictatures. Un monopole n’est pas une entreprise impossible à éviter, c’est une entreprise difficile à éviter. Pourquoi ai-je publié un billet annonçant mon retrait de LinkedIn en fanfare ? Parce que cela a été pour moi un choix difficile, un réel risque professionnel. Pourquoi suis-je encore sur Facebook ? Pourquoi est-ce que je passe encore par Amazon ?

Tout simplement parce que c’est très difficile de l’éviter. Dernièrement, voulant éviter de passer par Amazon pour commander un produit particulier, j’ai réussi à trouver un fournisseur différent. Ma commande a nécessité la création d’un énième compte à travers un formulaire bugué qui m’a imposé de changer d’adresse email d’inscription (la première comportant un caractère non toléré par ce site particulier) en cours d’inscription et qui fait que mon compte est désormais inaccessible. Toutes mes données sont dans ce énième silo que je n’utiliserai plus jamais, sans compter les inscriptions non sollicitées à des newsletters. J’ai finalement reçu mon colis sans passer par Amazon, mais à quel prix !

Autre exemple. Grâce à la recommandation d’un lecteur, j’ai voulu acheter le livre « Le Startupisme » d’Antoine Gouritin. Sur le site de l’éditeur, les frais de livraison s’élevaient à 10€. Mais étaient gratuits sur Amazon. Pour un livre à 20€, avouez que ça fait mal de payer 10€. Qu’auriez-vous fait à ma place ? Et je ne vous parle pas des livres en anglais, introuvables partout y compris sur Amazon.fr et que je commande… sur Amazon.de (allez comprendre !).

Amazon est donc très difficile à contourner. C’est pourquoi j’apprécie quand les sites reconnaissent que je ne vais pas les utiliser tous les jours et cherchent à me rendre l’achat le plus simple possible, notamment en n’obligeant pas à la création d’un compte (fonctionnalité à laquelle travaille mon éditeur).

Car, dès le début du projet d’édition de Printeurs, mon éditeur et moi sommes tombés d’accord sur le fait d’éviter Amazon autant que possible. Mais, dans l’édition du livre, il n’y a pas qu’Amazon qui abuse de sa position. Un acteur invisible contrôle le marché entre les éditeurs et les libraires : le distributeur.

Mon roman Printeurs a reçu de bonnes critiques et commence a exister sur Babelio, Senscritique et Goodreads.

https://www.babelio.com/livres/Ploum-Printeurs/1279338?id_edition=1509012

Je suis extrêmement reconnaissant aux lecteurs qui prennent le temps de noter mes livres ou de mettre une critique, même brève. Il semble que certains lecteurs aient découvert Printeurs grâce à vous ! J’ai néanmoins un conflit moral à vous recommander d’alimenter ces plateformes propriétaires à visée monopolistique. Cela rend certaines critiques postées sur des blogs personnels encore plus savoureuses (surtout celle-là, merci Albédo !).

https://albdoblog.com/2021/01/20/printeurs-ploum/

Malgré cet accueil initial favorable et de bonnes ventes dans les librairies suisses, aucun distributeur belge ou français n’a été jusqu’à présent intéressé par distribuer le catalogue de mon éditeur. Les librairies, elles, ne souhaitent pas passer directement par les éditeurs.

Pire : être dans un catalogue de distributeur n’offre pas toujours la garantie d’être trouvable en libraire. Du moins près de chez moi.

Dans ma ville, riante cité universitaire et pôle intellectuel majeur du pays, il n’existe que deux librairies (!), faisant toutes deux partie de grandes chaines (Fnac et Furet du Nord). Bon, il y’a aussi mon dealer de bandes dessinées devant la vitrine duquel je me prosterne tous les jours et deux bouquineries d’occasion. Enfin, bientôt plus qu’une. La plus grande des deux (et la seule qui fait également de la BD de seconde main) va en effet disparaître, l’université, à travers son organisme de gestion immobilière, ayant donné son congé au gérant. Le gérant m’a fait observer qu’en rénovant la place des Wallons (où est située la bouquinerie), les ouvriers ont installé devant chez lui des emplacements pour parasols. Il semble donc qu’il soit prévu de longue date de remplacer la bouquinerie par un commerce alimentaire. Une pétition a été mise en place pour sauver la bouquinerie.

https://www.change.org/p/soutien-au-bouquiniste-de-lln

Mais le gérant n’y croit plus. Il a commencé à mettre son stock en caisse, les larmes plein les yeux, ne sachant pas encore où aller ni que faire, espérant revenir. Deux librairies et bientôt une seule et minuscule bouquinerie pour toute une cité universitaire. Mais plusieurs dizaines de magasins de loques hors de prix cousues dans des caves par des enfants asiatiques. Heureusement qu’il reste mon temple bédéphile, mais je commence à m’en méfier : les vendeurs m’y appellent désormais par mon nom avec obséquiosité, déroulent un tapis rouge à mon arrivée dans la boutique, m’offrent boissons et mignardises en me vantant les dernières nouveautés et en me félicitant de mes choix. Lorsqu’un vendeur débutant ne me reconnait pas, l’autre lui montre sur l’écran ma carte de fidélité ce qui entraine un mouvement machinal de la main et un sifflement. Je ne sais pas trop comment interpréter ces signes…

Mais trêve de digression sentimentalo-locale, abandonnons les moutons de l’Esplanade (le centre commercial climatisé du cru qui tond lesdits ovins pour remplacer leur laine par les loques suscitées) pour revenir aux nôtres.

Souhaitant acquérir le roman Ecce Homo de l’autrice Ingid Aubry, j’ai découvert qu’il était affiché sur le site du Furet du Nord. Je me suis donc rendu dans l’enseigne de ma ville et j’ai demandé à une libraire de faction de le commander. Malgré son empressement sincère, elle n’a jamais trouvé le livre dans ses bases de données. Déjà, le fait qu’elle ait dû regarder dans pas moins de trois bases de données différentes (avec des interfaces très disparates) m’a semblé absurde. Mais le résultat a été sans appel : le livre, pourtant référencé sur le site de la librairie, était incommandable. (livre pourtant distribué par le plus grand distributeur en francophonie, Hachette, quasi-monopole).

https://ingridaubry.be/

Ingrid a finalement fini par m’envoyer le livre par la poste. Son mari Jean-François m’a révélé qu’ils avaient tenté de créer, à deux reprises, une boutique Amazon pour vendre son livre en ligne à moindre prix (il est en effet disponible sur Amazon, mais avec des frais de livraison de… 40€ !). À chaque fois, leur compte a été suspendu. La raison ? Ils vendaient un livre déjà listé sur Amazon. Le livre d’Ingrid est donc littéralement impossible à acheter à un prix décent !

Ingrid et son mari ont pris le problème à bras le corps et lancé leur propre plateforme de vente de livres. Une plateforme dédiée aux livres peu ou mal diffusés. Alternalivre.

https://alternalivre.be/

Je loue cette initiative en cruel manque de visibilité, étant coincé entre Fnac, Furet du Nord et Amazon pour assouvir ma bibliophilie compulsive (et je déteste acheter mes livres au milieu des tout nouveaux téléviseurs en promotion, ce qui exclut la Fnac). Mon éditeur s’est empressé de rendre Printeurs et toute la collection Ludomire disponible sur Alternalivre (ce qui devrait diminuer les frais d’expédition pour les Français et les Belges). Vous y trouverez également mon livre pour enfant, « Les aventures d’Aristide, le lapin cosmonaute ». Tout en espérant être un jour disponible au Furet du Nord (parce que, de mon expérience, les libraires y sont sympas, compétents et cultivés) voir, honneur suprême, chez Slumberland (qui fait aussi dans le roman de genre, mais je travaille à des scénarios de BD rien que pour être dans leurs rayons).

https://shop.alternalivre.be/fr/romans/printeurs

https://shop.alternalivre.be/fr/jeunesse/les-aventures-daristide-le-lapin-cosmonaute

Écrire un livre et le faire éditer et convaincre les lecteurs de l’acheter n’est donc pas tout. Encore faut-il que ce soit possible pour les lecteurs de l’acquérir. Dans Printeurs, je poussais à l’extrême le concept d’impression 3D jusqu’à inclure les êtres vivants. En 2012, Jaron Lanier imaginait l’impression locale des smartphones et autres gadgets dans son livre « Who owns the future? ». Pourrais-ton l’imaginer pour les livres, floutant de plus en plus la limite entre le livre électronique et le livre papier ?

Oui, m’a répondu mon éditeur en reposant le manuscrit de Printeurs. Et on va l’inventer. Ce sera le Print@home, un concept financé par les contributeurs de la campagne Ulule Printeurs.

Voici donc la première plateforme dédiée aux livres imprimables artisanalement. Cela ne vaut peut-être pas (encore?) une impression professionnelle, mais le concept peut ouvrir la voie à une nouvelle façon de diffuser les livres.

https://printathome.cc/

Et le tout, à prix libre bien sûr ! Les livres imprimables étant tous sous publiés sous une licence Creative Commons.

Pour financer cette plateforme, mon éditeur a lancé une campagne de crowdfunding pour le moins originale, car totalement décentralisée. Au lieu de tourner sur le gigantesque serveur d’un acteur quasi monopolistique (comme Ulule), la campagne tourne sur un raspberry dans son bureau. Et au lieu de payer avec des monnaies centralisées, les paiements se font en bitcoins.

http://crowdfund.printathome.cc/

Là où ça devient intéressant pour vous, amis lecteurs, c’est que les tarifs en bitcoin sont calculés en faisant l’hypothèse qu’un bitcoin vaut 100.000€. Cela signifie que si le bitcoin est inférieur et vaut, par exemple, 40.000€, vous ne payez que 40% du prix réel des livres commandés. Et cela, y compris pour les livres papier !

Si vous avez quelques centimes de bitcoins et que vous hésitiez à acheter une version papier de Printeurs, des exemplaires à offrir ou la collection complète Ludomire, c’est le moment !

Tout cela sent bon le bricolage et l’expérimentation. Il y’aura des erreurs, des apprentissages. De cette imprécision typiquement humaine dont nous nous sentons inconsciemment privés par les algorithmes perfectionnés des monopoles centralisés. Bonne découverte !

Photo by César Viteri on Unsplash

Je suis @ploum, ingénieur écrivain. Abonnez-vous par mail ou RSS pour ne rater aucun billet (max 2 par semaine). Je suis convaincu que Printeurs, mon dernier roman de science-fiction vous passionnera. Commander mes livres est le meilleur moyen de me soutenir et de m’aider à diffuser mes idées !

Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.

“Le dernier homme politique” de Xavier Lhomme

La Rédaction
, 14/05/2021 | Source : Mouvement Français pour un Revenu de Base

— C’est bon, on est en ligne, là ?

(Oui, vous pouvez commencer.)

— Alors j’y vais. Hum, hum.

(Ça tourne !)

Mesdames, Messieurs, chers concitoyens, bonjour.

N’ayant pu obtenir l’une des salles du Palais de l’Élysée – aujourd’hui Maison des associations mais qui fut, je le rappelle, la résidence des présidents de la République pendant deux siècles – c’est depuis l’un des studios de Média-Diversités que je m’adresse à vous.

Si, par hasard, vous êtes à Moulins ou dans les environs, il reste de la place pour assister en direct à cette allocution et partager ensuite boissons fraîches et gâteaux secs.

Chères Françaises, chers Français. Pour ceux qui l’ignorent, je suis le Président de la République française. Dix-neuvième à occuper cette charge depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il y a plus d’un siècle, j’ai été le premier, en 2059, à avoir été élu par moins de 2 % du corps électoral. Cette quasi absence de participation ne m’a pas donné les moyens de créer une dynamique.

Qu’importe : vous l’avez créée vous-mêmes depuis l’année 2025. Contre les institutions dans un premier temps, malgré elles dans un deuxième temps et, pour finir, sans elles.

À titre personnel, si je peux me permettre, ce désintérêt n’a pas toujours été facile à vivre. En avril 2069, dans quelques mois, je finirai mon deuxième mandat présidentiel dans l’indifférence générale et n’en briguerai pas d’autre. Pour ce que j’en sais, il n’y aura pas de candidat à ma succession et, si personne ne se décide d’ici là, ce sera donc la fin de la Sixième République.

Je ne me fais aucune illusion, la fonction de Président de la République est aujourd’hui non pas honorifique, ce qui serait déjà bien, mais obsolète, inutile, vaine, comme la plupart des institutions politiques européennes et nationales. Même les collectivités territoriales se passent depuis des années de présidents, de maires et de conseillers et ne s’en portent pas plus mal.

Chères concitoyennes, chers concitoyens.

Je m’adresse à vous aujourd’hui pour des adieux à titre personnel, mais aussi en tant que dernier représentant d’un système qui fait désormais partie du passé, si ce n’est de l’Histoire.

Je souhaite dresser, en guise de bilan définitif, un exposé de la situation actuelle de la France en Europe. J’aborderai trois points : la citoyenneté, l’économie et le social. Le ton sera certainement celui d’un vieil homme, arrivé au bout de son parcours, lucide sur l’inefficacité de son action et finalement pas mécontent de ce qui est arrivé.

Pendant mes dix années de mandat, le désintérêt des citoyens pour la politique “à l’ancienne”, déjà tangible à la fin du siècle dernier, n’a cessé de s’amplifier. Le phénomène a franchi un cap irréversible lors des deux mandats de M. Macron, qui m’écoute peut-être et que je salue.

Les citoyens se sont lassés de voir continuellement repoussées leurs aspirations à plus de démocratie, à une vie meilleure et une planète plus saine. La priorité était donnée tour à tour au soutien des industriels du BTP, des transports, de la pharmacie, de l’armement, du luxe, puis aux banques et aux assurances. Sans compter les pandémies, les sécheresses, les inondations.

Après une période de protestations, de manifestations parfois très sévèrement réprimées en France, comme au Maghreb, en Europe Orientale, au Proche-Orient et en Amérique du Nord, les populations excédées ont changé leur façon de faire. Délaissant les politiciens et les partis traditionnels, se désintéressant des institutions gangrenées par l’immobilisme et le clientélisme, elles ont d’elles-mêmes changé les règles du jeu, pour le meilleur et pour le pire.

Certains pays sont devenus des dictatures populaires, protectionnistes et isolées. Aujourd’hui, en Italie, la Justice est rendue lors d’émissions de télé-réalité. Les animateurs de télévision sont automatiquement élus députés et vice-versa. D’autres nations, comme l’Autriche, la Hongrie, la Turquie ou l’Union des Républiques Poutinistes ont des réussites que je qualifierais de diverses et, généralement, insatisfaisantes. Nous avons perdu le contact depuis longtemps avec le Royaume-Uni où régnerait l’anarchie.

Suivant l’exemple de la Catalunya, d’Euskal Herria ou de l’Occitanie, de nombreux territoires – dont la Bretagne et la Wallonie – ont adhéré à la toute nouvelle Fédération Européenne, fondée sur la coopération volontaire de régions autonomes. Les citoyens de ces régions, contournant de façon pacifique les résistances des pouvoirs en place, ont doublé progressivement et inéluctablement les anciennes institutions par des mouvements et des structures d’animation et de gestion démocratiques, adaptables et renouvelables en continu, ancrées dans le réseau local. Les deux systèmes cohabitent, mais l’ancien tourne à vide, n’ayant plus de prise sur la réalité.

Nombre de salariés, lassés de passer leur temps à produire des services ou des biens inutiles, parfois même nocifs, ont délaissé les emplois rémunérés pour produire et commercer localement grâce aux Systèmes d’échanges locaux, les SEL que nous connaissons bien aujourd’hui.

Les circuits économiques classiques, basés sur la fausse concurrence, le dumping social et le transfert de l’argent public vers les entreprises privées se sont trouvés à la fois privés de clients, de financements et de main‑d’œuvre. Cela a été l’amorce du déclin du monde libéral, dont la capacité à évoluer sur la forme pour que rien ne change dans le fond venait de trouver ses limites.

Le coup de grâce a été porté par la Fédération Européenne, quand elle a instauré le revenu universel, que jusque-là seules quelques régions reculées, dans les Pays nordiques, en Amérique du Sud et en Asie du Sud-Est avaient osé expérimenter. Le revenu universel avait toujours été rejeté, aussi bien par les partisans du libéralisme, qui craignaient que la disparition du chômage ne fasse monter les salaires, que par ceux du populisme qui n’avaient pas intérêt à l’autonomisation des masses incultes. Pour la première fois, tous les habitants d’un vaste territoire avaient droit à un revenu suffisant pour pouvoir vivre décemment sans dépendre d’un travail. La seule contrepartie était de consacrer une journée par semaine à une Activité d’intérêt collectif, définie pour chacun lors d’une assemblée locale mensuelle. Bien sûr, le revenu mensuel ne permettait pas autre chose que de se loger, se nourrir et s’habiller. Ceux qui voulaient absolument s’offrir un nouveau téléphone, une nouvelle voiture ou un voyage à l’autre bout du monde étaient bien obligés de travailler.

Les conséquences ne se sont pas fait attendre. La consommation de produits et services dispensables a connu une chute remarquable. Les métiers dégradants, aliénants ou sous-payés ont été confrontés à une importante pénurie de main d’œuvre. Les filières concernées ont été obligées de tout mettre à plat et de proposer de nouvelles politiques salariales, incluant formation et reconnaissance des employé-es, pour les convaincre de revenir, le plus souvent sans succès.

Unis dans la lutte pour la survie d’un monde dépassé, les fédérations d’entreprises, les centrales syndicales, les partis politiques et les principaux médias ont mené une guerre sans merci au revenu universel, allant du lobbying à la désinformation, de la menace voilée aux agressions physiques. Pendant quelque temps, la violence de la réaction a fait que le doute s’est installé. Les pouvoirs financiers ont pratiqué une politique punitive, accroissant artificiellement les désordres afin que les citoyens prennent peur : arrêt des liaisons aériennes et par chemin de fer, coupures ciblées d’eau, de gaz et d’électricité, pénuries de médicaments, augmentation des violences consécutives au cantonnement des effectifs de police. Il y a eu des morts et des blessés.

Mais la dynamique était lancée et cette résistance n’a fait qu’accentuer le discrédit des élites auprès de la population. L’autonomie financière de millions de personnes a mis en difficulté les banques, qui fermèrent une grande partie de leurs agences. Cela a libéré de nombreux locaux dans les centres-villes, qui ont été à nouveau occupés par des commerces de proximité. Les gens aux revenus modestes ont pu accéder à des logements décents proches des centres d’activité.

Détail amusant mais significatif, le retrait des sponsors a mis fin aux sports professionnels, l’amateurisme a attiré de nouveaux pratiquants et spectateurs plus soucieux de partager un moment de convivialité que d’anéantir l’adversaire du moment.

En 2028, l’incendie de la centrale nucléaire de Fessenheim, dont le démantèlement était victime de la même inefficacité que la construction de l’EPR de Flamanville, a rendu inhabitable, pour des siècles, l’est de la France, le nord-ouest de la Suisse et le sud-ouest de l’Allemagne.

Déjà à genoux avant cette catastrophe, le lobby de l’énergie atomique s’est effondré. Les centrales ont fermé les unes après les autres et sont en attente de démantèlement. Encore faudra-t-il trouver les fonds que l’État et les industriels n’ont pas jugé nécessaire de provisionner. Pendant que la justice traîne à se prononcer sur le sujet, des associations exigeantes et compétentes surveillent attentivement les réacteurs et les zones de stockage des déchets radioactifs.

Les partisans du nucléaire n’ayant plus la capacité politique et financière de geler le développement des énergies renouvelables, celles-ci se sont immédiatement répandues. C’est là que la Gascogne, l’Occitanie et la Bretagne, entre autres, ont su saisir leur chance, opérant une mutation rapide de leurs industries aéronautique, spatiale, militaire et automobile pour innover et produire de nouvelles générations d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques performants, peu agressifs envers l’environnement et facilement recyclables.

Je voudrais terminer par le plus important, ce que les politiques et les politiciens ont sacrifié pendant des siècles au nom de l’économie : l’Humain.

Jusque-là contraintes à la dépendance et au mépris qui l’accompagne, les populations les plus fragiles sont désormais assurées d’un revenu suffisant. Elles ont spontanément développé un vaste mouvement créatif et libérateur. Un plus grand nombre de jeunes ont pu poursuivre les études qu’ils désiraient, plutôt que de se contenter de celles que leurs parents avaient les moyens de payer. Les femmes, on le sait, ont pu échapper à l’autorité et à la brutalité des hommes violents et décider par elles-mêmes d’enfanter ou pas. Les artistes ont pu se consacrer à leurs activités sans gâcher leur temps et leur talent en activités alimentaires. Par effet d’entraînement, les citoyens sont devenus autonomes. De consommateurs passifs, intoxiqués par les messages commerciaux, ils sont devenus maîtres de leurs choix, conscients de leurs compétences, fiers de leur diversité, forts de leurs valeurs partagées.

Acteurs de leur vie.

J’en veux pour exemple le nombre d’associations qui génèrent aujourd’hui, tout au long de l’année et sur tous les territoires, une activité culturelle et artistique qui était autrefois l’apanage des seules métropoles. Ces dernières s’étiolent alors que bourgs et villages ne sont plus des dortoirs mais des pôles d’activités à taille humaine, permettant l’accès au logement, aux soins, à l’éducation et aux activités sociales et culturelles. Les zones commerciales, devenues obsolètes, ont été recyclées. Compagnies de théâtre, maisons d’édition, ateliers de sculpture et de peinture, écoles de musique, centres de formation et universités populaires en ont investi les bâtiments. Les parkings ont laissé place à des zones d’activités maraîchères, des jardins partagés et des espaces verts, favorisant la production vivrière locale, le vivre ensemble et le maintien de la biodiversité… Quel plaisir aujourd’hui de s’y promener !

Chères concitoyennes, chers concitoyens.

Ce n’est pas avec déchirement que j’annonce aujourd’hui la fin de la Présidence de la République française. Au contraire, j’ai envie de partager avec vous la joie que j’ai d’avoir connu, de mon vivant, les prémices d’un monde meilleur.

Tout n’est pas fait, je vous l’accorde. Notre existence en tant qu’espèce est menacée par le bouleversement climatique en cours, la perte continue de la biodiversité, les maladies liées à trois siècles de pollution carbonée, chimique et nucléaire. Des idéologies politiques ou pseudo-religieuses font encore régner la terreur sur des populations mal informées, peu instruites.

Tout cela ne va pas s’arrêter du jour au lendemain.

Mais vous avez désormais les outils nécessaires et toute la sagesse pour en user au mieux. Année après année, décennie après décennie, vous prouverez par l’exemple que la générosité et le désintéressement sont des forces bien supérieures à la haine et l’obscurantisme.

Dernier homme politique d’Europe occidentale, je vais me retirer et profiter de mon revenu – le même que le vôtre – pour jouir d’une vie saine et heureuse dans l’anonymat qui est le mien depuis dix ans.

Vous vous débrouillez très bien sans moi.

Vive la liberté, vive la solidarité, vive la vie.

(Coupez !)

— J’ai été comment ?

(Désolé, je n’ai pas vraiment écouté. Des trucs de vieux, tout ça.)

— Ah ? C’est dommage, vous étiez la seule personne présente dans la salle… On sait combien de personnes étaient connectées ?

(Vous tenez vraiment à le savoir ?)

— Vu la façon dont vous me le demandez, je me dis que ce n’est peut-être pas la peine… De toute façon, la vidéo restera en ligne un certain temps, n’est-ce pas ?

(Une semaine, Monsieur. Au-delà, il faudra payer un supplément.)

— Une semaine, ça ira très bien. Merci pour tout !

(Au revoir, Monsieur.)

https://xavierlhomme.blogspot.com/

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Octet Vert #11 Thomas Wagner Bon Pote

Tristan
, 14/05/2021 | Source : Standblog

Logo de l'Octet Vert avec le #11

Dans cet épisode de l’Octet Vert, je reçois Thomas Bon Pote Wagner, un banquier repenti qui a décidé de mettre son énergie au service du virage climatique. Il quitte son métier de banquier, lance son site bonpote.com et vogue la galère ! Il n’en fallait pas plus pour que je me décide à l’inviter ici. On y parle finance (trading haute-fréquence), empreinte carbone, de LinkedIn, des rapports du GIEC, de l’accord de Paris et ce qu’il implique et terme de changements de vie et même de de Jean-Marc Jancovici. Ah, et de décroissance, pendant qu’on y est !

Où écouter cet épisode ?

  1. L’Octet Vert sur Apple Podcasts ;
  2. L’Octet Vert sur Google Podcasts ;
  3. L’Octet Vert sur Spotify ;
  4. Le flux RSS de l’Octet Vert ;
  5. L’Octet Vert sur Deezer ;
  6. L’Octet Vert sur Anchor ;
  7. L’Octet Vert sur Breaker ;
  8. L’Octet Vert sur Pocket Casts ;
  9. L’Octet vert sur Podcast Addict ;
  10. L’Octet Vert sur RadioPublic ;
  11. Pour les rebelles, les barbus, les partisans du old school, ceux qui écoutent des podcasts en ligne de commande, le fichier MP3 est disponible !

Les bons liens de Thomas Bon Pote Wagner

Bonus

Et comme promis à Thomas, un photo de mon chat Chaton, qui dépasse probablement les 10 kg et qui exerce une fascination sur Thomas :-)

Musique – Crescent Lament – Land of lost voices (2020)

Iceman
, 14/05/2021 | Source : chez Iceman

Voilà un album qui m’a été conseillé par mon estimé collègue Alias sur son blog. Quand j’ai lu métal + Taïwan + instruments traditionnels, cela m’a intrigué et j’ai jeté deux oreilles. Et si en plus la pochette est jolie… Article paru d’abord sur Cheziceman.fr Il le classe dans Folk-metal mais je trouve que c’est… Lire la suite Musique – Crescent Lament – Land of lost voices (2020)

Décharges illégales : infractions en série et système quasi-mafieux

Les déchets du BTP donnent trop souvent lieu à un trafic très lucratif

Dépôts sauvages, démarchages des exploitations viticoles, livraisons de gravats au lieu de terre à des propriétaires, paiements en liquide pour recevoir des déchets, tous les moyens sont bons pour s'en débarrasser. Avec à la clef des profits substantiels. Les associations qui luttent contre ce fléau sont parfois victimes d'intimidations.

Décharge illégale au Castellet, dont le propriétaire du terrain et l'exploitant ont été mis en examen pour "gestion irrégulière de déchets, valorisation de déchets sans justificatif et infractions au code de l'urbanisme". - © Cyril Marcilhacy

A Puget-sur-Argens, une jolie commune du Var, les habitants ont baptisé la décharge «La montagne des déchets». Cette étendue de 7000 m² -plus grande qu’un terrain de football – et d’une hauteur de 15 mètres, soit un immeuble de 4 étages, représente 150.000 tonnes de déchets du BTP en provenance de chantiers de la région. Le 20 avril, une vingtaine de gendarmes sont intervenus au terme d'une longue enquête pour contrôler le site, accompagnés par des représentants du service des impôts et des agents de la DREAL, la direction régionale de l'environnement. Selon la gendarmerie du Var, l’entreprise aurait bien obtenu, à l’origine, une autorisation d'exploitation préfectorale, mais la «montagne de déchets» se serait étendue bien au-delà des limites prévues. Selon une source proche de l’enquête, l’entreprise a 18 mois pour remettre le terrain en état.

En 2020, onze personnes et quatre sociétés ont été mises en examen dans le Var, tous soupçonnées d'un trafic de déblais de chantier qui durait depuis plusieurs années. Ces entreprises répondaient à des appels d’offre de récupération de gravats en facturant leur prestation au prix fort, puis ils s’en débarrassaient soit sur des terrains vagues, soit chez des particuliers. Ce sont des plaintes de propriétaires privés menacés après avoir reçu des gravats au lieu de terre végétale, qui ont dénoncé un système quasi-mafieux. Une vingtaine de sites ont été défigurés parmi lesquels des propriétés agricoles ou viticoles....